بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Ijtihād N°1

حَقِيقَةُ الِاجْتِهَادِ وَشُرُوطُ الْمُجْتَهِدِ

Le dernier livre du Jamʿ al-Jawāmiʿ · Qu'est-ce que l'ijtihād, et qui est mujtahid ? · Définition, savoirs requis, conditions complémentaires, degrés

Nous voici au sommet de l'édifice : le Kitāb al-Ijtihād, septième et dernier livre du Jamʿ al-Jawāmiʿ. Al-Zarkashī ouvre son commentaire par une remarque d'architecte : si Subkī a placé ce livre après tous les autres, c'est que l'ijtihād présuppose la connaissance des dalīl-s (Kitāb, Sunna, ijmāʿ, qiyās) et celle du taʿādul wa-l-tarājīḥ — tout ce que les Portes précédentes ont construit. Subkī définit d'abord l'ijtihād : « l'épuisement, par le faqīh, de sa capacité pour obtenir un ẓann portant sur un ḥukm ». Puis il dresse le portrait du mujtahid : un faqīh doué d'intelligence juridique (faqīh al-nafs), de niveau intermédiaire en langue, grammaire, uṣūl et balāgha, connaissant les versets et hadiths des aḥkām — sans obligation de les mémoriser. Viennent ensuite, sur l'autorité de son père al-Shaykh al-Imām Taqī al-Dīn, les conditions de mise en œuvre de l'ijtihād (mawāqiʿ al-ijmāʿ, nāsikh, asbāb al-nuzūl, état des transmetteurs…) — et la liste, tout aussi instructive, de ce qui n'est pas requis.

الِاجْتِهَادُ: اسْتِفْرَاغُ الْفَقِيهِ الْوُسْعَ لِتَحْصِيلِ ظَنٍّ بِحُكْمٍ. وَالْمُجْتَهِدُ: الْفَقِيهُ، وَهُوَ الْبَالِغُ الْعَاقِلُ، فَقِيهُ النَّفْسِ، ذُو الدَّرَجَةِ الْوُسْطَى لُغَةً وَعَرَبِيَّةً وَأُصُولًا وَبَلَاغَةً، وَمُتَعَلَّقِ الْأَحْكَامِ مِنْ كِتَابٍ وَسُنَّةٍ وَإِنْ لَمْ يَحْفَظِ الْمُتُونَ. وَيُعْتَبَرُ لِإِيقَاعِ الِاجْتِهَادِ كَوْنُهُ خَبِيرًا بِمَوَاقِعِ الْإِجْمَاعِ كَيْ لَا يَخْرِقَهُ، وَالنَّاسِخِ وَالْمَنْسُوخِ، وَأَسْبَابِ النُّزُولِ، وَشَرْطِ الْمُتَوَاتِرِ وَالْآحَادِ، وَالصَّحِيحِ وَالضَّعِيفِ، وَحَالِ الرُّوَاةِ. وَلَا يُشْتَرَطُ عِلْمُ الْكَلَامِ وَتَفَارِيعُ الْفِقْهِ وَالذُّكُورَةُ وَالْحُرِّيَّةُ، وَكَذَا الْعَدَالَةُ عَلَى الْأَصَحِّ.

« L'ijtihād : l'épuisement, par le faqīh, de sa capacité pour obtenir un ẓann portant sur un ḥukm. Le mujtahid : c'est le faqīh — pubère, doué de raison, doté d'intelligence juridique (faqīh al-nafs), de degré intermédiaire en lexique, langue arabe, uṣūl et rhétorique, [connaissant] ce qui se rapporte aux aḥkām dans le Livre et la Sunna — même s'il n'en mémorise pas les textes. Et l'on requiert, pour la mise en œuvre de l'ijtihād, qu'il connaisse les lieux de l'ijmāʿ afin de ne pas le rompre, l'abrogeant et l'abrogé, les circonstances de la révélation, les conditions du mutawātir et de l'āḥād, de l'authentique et du faible, et l'état des transmetteurs. Ne sont pas requis : le kalām, les ramifications du fiqh, la masculinité ni la liberté — ni, selon l'avis le plus correct, la ʿadāla. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Ijtihād (ḥaqīqat al-ijtihād wa-shurūṭ al-mujtahid) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 376-379

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Pourquoi l'ijtihād vient en dernier

« Innamā ukhkhira ʿan al-jamīʿ » — « il n'a été placé après tout le reste que parce que l'ijtihād dépend de la connaissance des preuves et de celle du taʿādul wa-l-tarājīḥ », explique Zarkashī en ouverture. Le mujtahid est celui qui active tout l'appareil construit dans les six livres précédents : il lit le Kitāb avec les outils des dalālāt, la Sunna avec la critique du hadith, vérifie qu'il ne heurte pas un ijmāʿ, pratique le qiyās selon ses masālik, et arbitre les conflits selon le tarjīḥ. Notez aussi la place du père de l'auteur dans cette masʾala : « al-Shaykh al-Imām » désigne Taqī al-Dīn al-Subkī, dont Tāj al-Dīn reprend la distinction entre les conditions qui sont des qualités du mujtahid et celles qui conditionnent seulement la mise en œuvre (īqāʿ) de l'ijtihād — distinction déjà esquissée par al-Ghazālī.

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Vocabulaire essentiel

اسْتِفْرَاغُ الْوُسْعِ istifrāgh al-wusʿ
« Épuisement de la capacité » : déployer la totalité de son effort, au point que l'âme se sente incapable d'aller plus loin. C'est le genre de la définition.
فَقِيهُ النَّفْسِ faqīh al-nafs
L'intelligence juridique innée : la puissance de comprendre par le rapprochement et la distinction, l'ordonnancement, la validation et l'invalidation — « le pivot du métier » selon al-Ustādh Abū Isḥāq.
الدَّرَجَةُ الْوُسْطَى al-daraja al-wusṭā
Le « degré intermédiaire » : il n'est pas exigé d'atteindre le rang d'al-Aṣmaʿī, d'al-Khalīl ou de Sībawayh en langue — un niveau opératoire suffit.
مَوَاقِعُ الْإِجْمَاعِ mawāqiʿ al-ijmāʿ
Les « lieux du consensus » : le mujtahid doit savoir où l'ijmāʿ s'est formé, afin que sa fatwā ne le rompe pas (kay lā yakhriqahu).
إِيقَاعُ الِاجْتِهَادِ īqāʿ al-ijtihād
La « mise en œuvre » de l'ijtihād : conditions requises pour exercer l'ijtihād sur une question donnée, et non qualités constitutives du mujtahid lui-même.
مُجْتَهِدُ الْمَذْهَبِ mujtahid al-madhhab
Degré inférieur au mujtahid muṭlaq : celui qui sait dériver des solutions (takhrīj al-wujūh) à partir des textes de son imam.
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La définition — chaque mot pèse

Istifrāgh al-faqīh al-wusʿ li-taḥṣīl ẓann bi-ḥukm
Quatre termes, quatre fonctions : le genre (istifrāgh), l'exclusion du muqallid (al-faqīh), l'exclusion des qaṭʿiyyāt (ẓann), l'objet (ḥukm).
Définition Ḥadd

Anatomie de la définition

  • « Istifrāgh » (épuisement) : c'est le genre. Zarkashī précise : déployer la totalité de sa puissance « au point que l'âme ressente l'incapacité d'en faire davantage ». Un effort partiel n'est pas un ijtihād.
  • « al-Faqīh » : exclut le muqallid — celui qui n'a pas la compétence ne fait pas d'ijtihād, quel que soit son effort.
  • « li-taḥṣīl ẓann » (pour obtenir un ẓann) : exclut les qaṭʿiyyāt — « il n'y a pas d'ijtihād dans les questions tranchées de façon certaine » (lā ijtihāda fī al-qaṭʿiyyāt).
  • « bi-ḥukm » : l'objet visé. Subkī n'a pas eu besoin de préciser « sharʿī » comme Ibn al-Ḥājib : la mention du faqīh l'indique déjà — sinon, dire « faqīh » dans la définition n'aurait aucun sens.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Le sens lexical de l'ijtihād, la définition d'al-Māwardī, et la mise au point sur la prétendue équation ijtihād = qiyās chez al-Shāfiʿī.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — lexique et terminologie

الِاجْتِهَادُ لُغَةً: بَذْلُ الْوُسْعِ فِيمَا فِيهِ كُلْفَةٌ، قَالَ الْمَاوَرْدِيُّ: مَأْخُوذٌ مِنْ جِهَادِ النَّفْسِ وَكَدِّهَا فِي طَلَبِ الْمُرَادِ. وَفِي الِاصْطِلَاحِ مَا ذَكَرَهُ الْمُصَنِّفُ، وَالْمُرَادُ بِالِاسْتِفْرَاغِ: بَذْلُ تَمَامِ الطَّاقَةِ بِحَيْثُ تُحِسُّ النَّفْسُ بِالْعَجْزِ عَنِ الْمَزِيدِ.

Traduction : « L'ijtihād, en langue : déployer sa capacité dans ce qui comporte une peine. Al-Māwardī dit : le mot est tiré du combat de l'âme (jihād al-nafs) et de son labeur dans la quête de ce qui est recherché. Dans la terminologie technique, c'est ce que l'auteur a mentionné ; et par istifrāgh on entend : déployer la totalité de sa puissance, au point que l'âme ressente l'incapacité d'en faire davantage. »

La mise au point sur al-Shāfiʿī : ijtihād = qiyās ?

Ibn Abī Hurayra a attribué à al-Shāfiʿī la thèse selon laquelle « l'ijtihād, c'est le qiyās ». Zarkashī rectifie : ce n'est pas exact — Ibn Abī Hurayra a mal compris un passage de la Risāla. Quand al-Shāfiʿī écrit que « le sens de l'ijtihād est le sens du qiyās », il veut dire que l'un et l'autre conduisent à un ḥukm non textuellement énoncé (ghayr manṣūṣ ʿalayh) : convergence de fonction, non identité de nature. L'ijtihād est plus large que le qiyās — il inclut l'examen des dalālāt textuelles, du tarjīḥ, etc.

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Le portrait de base — bāligh, ʿāqil, faqīh al-nafs

Les qualités constitutives
Pubère, doué de raison — avec trois définitions concurrentes du ʿaql — et doté de l'intelligence juridique innée, « pivot du métier ».
Conditions ʿAql

Trois définitions du ʿaql

En mentionnant « al-ʿāqil », Subkī s'offre une digression sur la nature de la raison. Zarkashī recense trois positions :

  • (a) Une malaka : une disposition stable (hayʾa rāsikha) par laquelle on perçoit les connaissances — ce que d'autres formulent : « une puissance naturelle qui discerne entre les réalités des connaissables ». C'est l'option du matn.
  • (b) Le ʿilm lui-même : position d'al-Ashʿarī — rapportée par al-Ustādh Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī comme celle des « gens du vrai » : ʿaql et ʿilm sont synonymes, et les raisons diffèrent selon l'abondance ou la rareté des connaissances.
  • (c) Une partie des connaissances nécessaires : position du Qāḍī Abū Bakr al-Bāqillānī, suivie d'Ibn al-Ṣabbāgh et de Sulaym al-Rāzī. Une partie seulement — car on reste ʿāqil même privé des connaissances théoriques acquises.

Faqīh al-nafs — la condition qui ne s'enseigne pas

Au-delà du savoir, il faut la sajiyya : une nature douée pour le fiqh. Al-Ustādh Abū Isḥāq la décrit : la puissance de comprendre opérant par le jamʿ (rapprocher les cas), le tafrīq (les distinguer), le tartīb (ordonner), le taṣḥīḥ et l'ifsād (valider et invalider) — « c'est le pivot du métier » (milāk al-ṣanʿa). Celui qui est marqué par la lenteur d'esprit et l'incapacité à manier les concepts n'est pas apte à l'ijtihād.

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Les savoirs requis — langue, uṣūl, Kitāb et Sunna

Al-daraja al-wusṭā
Un degré intermédiaire suffit en langue, grammaire, uṣūl et balāgha ; pour le Kitāb et la Sunna, connaître les emplacements sans mémoriser les textes.
Savoirs 500 versets

Les quatre disciplines instrumentales

  • Lugha et ʿarabiyya : notre Loi est arabe — on ne peut y accéder qu'en comprenant le parler des Arabes, et « ce sans quoi l'obligatoire ne s'accomplit pas est obligatoire ». Zarkashī suggère que « naḥw » eût été plus heureux que « ʿarabiyya », car il englobe iʿrāb et taṣrīf.
  • Le seuil : « al-daraja al-wusṭā » — pas besoin d'égaler al-Aṣmaʿī, al-Khalīl ou Sībawayh ; il suffit de distinguer l'expression correcte de la fautive et la lecture prépondérante (rājiḥa) de la marginale, car la parole d'Allah et de Son Messager ﷺ se porte sur le sens prépondérant.
  • Uṣūl al-fiqh : c'est par eux qu'on maîtrise les dalīl-s et la méthode d'istinbāṭ — « plus il y est accompli, plus son rang dans l'ijtihād est complet et élevé ».
  • Balāgha : le Kitāb et la Sunna culminent dans l'iʿjāz ; il faut en connaître les ressorts et les procédés pour en extraire les règles.

Le Kitāb et la Sunna — connaître où chercher

  • Pas tout le Qurʾān : seulement ce qui se rapporte aux aḥkām — les savants ont parlé de cinq cents versets. Zarkashī nuance : c'est sans doute par dalāla directe (muṭābaqa), car « la majeure partie du Qurʾān — voire sa totalité — ne manque pas de ḥukm à extraire pour qui en a reçu le don ».
  • Pas de ḥifẓ obligatoire : « wa-in lam yaḥfaẓ al-mutūn » — il suffit de connaître les emplacements (mawāqiʿ) des versets et hadiths, pour retrouver le texte voulu quand survient le cas.
  • La formulation du Shaykh al-Imām (Taqī al-Dīn al-Subkī) : le mujtahid est celui pour qui ces sciences sont devenues une malaka, qui a embrassé la plupart des qawāʿid de la Loi et les a pratiquées au point d'acquérir une puissance par laquelle il comprend l'intention du Législateur.
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Les conditions de mise en œuvre (li-īqāʿ al-ijtihād)

Ijmāʿ, naskh, asbāb al-nuzūl, critique du hadith
Non des qualités du mujtahid, mais des vérifications pour chaque fatwā : ne pas heurter l'ijmāʿ, ne pas appliquer un texte abrogé, évaluer les transmetteurs.
Īqāʿ Vérifications

La liste — et sa logique « au cas par cas »

Ces conditions, dit le Shaykh al-Imām, valent « pour la mise en œuvre de l'ijtihād, non comme qualité en lui » — c'est pourquoi Subkī les a détachées des précédentes ; al-Ghazālī déjà les traitait comme complétives et non constitutives.

  • Mawāqiʿ al-ijmāʿ : afin de ne pas fatwāser contre un consensus. Pas besoin d'en mémoriser tous les lieux : pour chaque question traitée, il suffit de savoir que sa fatwā ne contredit pas l'ijmāʿ — soit qu'elle concorde avec l'avis d'un savant, soit que le cas soit né à son époque sans que les gens de l'ijmāʿ s'y soient penchés.
  • Nāsikh et mansūkh : de peur de juger par un ḥukm abrogé et délaissé. Même logique : vérification par question, non mémorisation globale.
  • Asbāb al-nuzūl : pour connaître le motif du ḥukm — ce qui peut entraîner un takhṣīṣ ou éclairer le sens.
  • Mutawātir / āḥād : pour donner priorité au premier en cas de conflit.
  • Ṣaḥīḥ / ḍaʿīf et ḥāl al-ruwāt : pour argumenter par l'authentique, écarter le faible, et distinguer le recevable du rejeté.
  • Siyar al-ṣaḥāba : connaître l'ensemble des jugements et fatwās des Compagnons.
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Ce qui n'est pas requis — et les degrés du mujtahid

Kalām, furūʿ, ḏukūra, ḥurriyya, ʿadāla
Le kalām et les furūʿ ne conditionnent pas l'ijtihād (sinon cercle vicieux) ; la ʿadāla conditionne la fatwā, non l'ijtihād. Puis : muṭlaq, madhhab, futyā.
Non requis Marātib

Cinq exclusions raisonnées

  • ʿIlm al-kalām : non requis selon les uṣūliyyūn. Al-Rāfiʿī rapporte que les Aṣḥāb l'exigeaient, mais al-Ghazālī tranche : une croyance ferme (iʿtiqād jāzim) suffit, sans la connaître à la manière des mutakallimūn et par leurs démonstrations.
  • Tafārīʿ al-fiqh : comment en aurait-il besoin, alors que c'est le mujtahid qui les engendre ? Les exiger comme condition, alors qu'elles sont le résultat de l'ijtihād, serait un cercle vicieux (dawr). Al-Ustādh Abū Isḥāq exigeait pourtant « le fiqh » — entendre : sa pratique (mumārasa), voie par laquelle, dit al-Ghazālī, l'ijtihād s'acquiert de nos jours, ce qui n'était pas le chemin au temps des Compagnons.
  • Ḏukūra et ḥurriyya : ni la masculinité ni la liberté ne conditionnent la validité de l'ijtihād.
  • ʿAdāla (ʿalā al-aṣaḥḥ) : elle conditionne le ḥukm et la fatwā — on ne consulte pas le fāsiq, et seul un homme intègre peut juger — mais pas l'ijtihād lui-même. D'où la formule : « les conditions de la futyā sont plus strictes que celles de l'ijtihād, du fait de la ʿadāla ».
  • Le cas du négateur du qiyās : Subkī a ajouté en marge « wa-in ankara al-qiyās » — il compte parmi les mujtahids dont la divergence est prise en compte. Trois madhāhib : prise en compte absolue (apparent chez les Aṣḥāb dans les furūʿ) ; refus absolu (al-Bāqillānī et Imām al-Ḥaramayn : « ils sont dans la Loi comme les négateurs de l'évidence dans les raisons ») ; et l'avis retenu — distinguer : s'il nie même le qiyās jalī, sa divergence ne compte pas, sinon elle compte (Ibn al-Ṣalāḥ).

Les trois degrés

  • Al-mujtahid al-muṭlaq : celui qui réunit toutes ces sciences et fatwāse dans tous les chapitres de la Loi. Zarkashī constate : « il a aujourd'hui disparu » (qad inqaṭaʿa al-ān).
  • Mujtahid al-madhhab : en dessous — il adhère au madhhab d'un imam, le connaît à fond, et face à un cas nouveau répond par le naṣṣ de son imam s'il existe, sinon dérive la solution (takhrīj) sur ses uṣūl. Ibn Abī al-Dam prétend que ce degré aussi s'est éteint.
  • Mujtahid al-futyā : le plus bas — versé dans le madhhab, capable de faire prévaloir un qawl sur un autre (tarjīḥ). « Après lui, il ne reste que le ʿāmmī et son semblable. »
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À retenir

5 principes essentiels
Le socle de toute la Porte VIII — à fixer avant les masāʾil suivantes.
  • L'ijtihād est l'épuisement de la capacité du faqīh pour obtenir un ẓann sur un ḥukm — donc pas d'ijtihād du muqallid, ni dans les qaṭʿiyyāt
  • Le mujtahid est faqīh al-nafs : l'intelligence juridique générative est le « pivot du métier » — le savoir seul ne suffit pas
  • En langue, naḥw, uṣūl et balāgha : la daraja wusṭā suffit ; pour Kitāb et Sunna : connaître les mawāqiʿ des textes des aḥkām, sans ḥifẓ obligatoire
  • Les conditions d'īqāʿ (ijmāʿ, naskh, asbāb al-nuzūl, critique du hadith) se vérifient question par question — et l'on peut s'en remettre aux imams du hadith
  • Ne sont pas requis : kalām, furūʿ (sous peine de dawr), masculinité, liberté, ʿadāla — celle-ci conditionne la fatwā, non l'ijtihād
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise de la masʾala.

Question

« Pourquoi serait-il absurde d'exiger la connaissance des tafārīʿ al-fiqh comme condition de l'ijtihād — et comment concilier cette exclusion avec la position d'al-Ustādh Abū Isḥāq, qui exigeait "le fiqh", et celle d'al-Ghazālī, pour qui l'ijtihād ne s'acquiert "à notre époque" que par la pratique des furūʿ ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
DÉFINITION
istifrāgh al-wusʿ
faqīh + ẓann + ḥukm
2
QUALITÉS
faqīh al-nafs
bāligh · ʿāqil · sajiyya
3
SAVOIRS
daraja wusṭā
langue · uṣūl · mawāqiʿ
4
ĪQĀʿ + EXCLUS
ijmāʿ, naskh, ruwāt
ni kalām ni furūʿ ni ʿadāla