بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°28

صِيَغُ الْعُمُومِ

La langue a-t-elle des formes posées pour le général ? · Kull, alladhī, man, mā, matā, ayna… · Le pluriel défini, le mufrad muḥallā bi-al, la nakira en négation

Avant d'inventorier les formes du général, il faut gagner une bataille préalable : existe-t-il seulement des ṣiyagh du ʿumūm ? Les wāqifiyya en doutent — pour eux, « kull » ou « man » sont équivoques entre général et particulier, ou bien la langue ne livre rien de décisif. Le jumhūr répond par un argument de bon sens linguistique : le ʿumūm est un sens dont on a besoin de parler ; le Wāḍiʿ (l'instituteur de la langue) lui a donc posé des formes, comme à tout sens nécessaire. C'est sur ce socle que Subkī déroule l'inventaire : les ṣiyagh universelles (kull, les relatifs, man, mā, ayy), les ṣiyagh spécialisées (matā pour le temps, ayna et ḥaythumā pour le lieu), puis trois grands pourvoyeurs de généralité par indice : le pluriel défini par al- ou par annexion, le singulier défini par al- (al-mufrad al-muḥallā), et la nakira en contexte de négation. Al-Zarkashī ajoute à chaque étape les débats d'attribution — Abū Hāshim, Imām al-Ḥaramayn, al-Rāzī, al-Ghazālī — et les nuances : nombre de ces généralisations sont des ẓawāhir, non des nuṣūṣ.

مَسْأَلَةٌ : كُلٌّ، وَالَّذِي، وَالَّتِي، وَأَيٌّ، وَمَا، وَمَتَى، وَأَيْنَ، وَحَيْثُمَا، وَنَحْوُهَا لِلْعُمُومِ حَقِيقَةً، وَقِيلَ : لِلْخُصُوصِ، وَقِيلَ : مُشْتَرَكَةٌ، وَقِيلَ بِالْوَقْفِ. وَالْجَمْعُ الْمُعَرَّفُ بِاللَّامِ أَوِ الْإِضَافَةِ لِلْعُمُومِ مَا لَمْ يَتَحَقَّقْ عَهْدٌ، خِلَافًا لِأَبِي هَاشِمٍ مُطْلَقًا، وَإِمَامِ الْحَرَمَيْنِ إِذَا احْتُمِلَ مَعْهُودٌ. وَالْمُفْرَدُ الْمُحَلَّى مِثْلُهُ خِلَافًا لِلْإِمَامِ مُطْلَقًا. وَالنَّكِرَةُ فِي سِيَاقِ النَّفْيِ لِلْعُمُومِ : نَصًّا إِنْ بُنِيَتْ عَلَى الْفَتْحِ، وَظَاهِرًا إِنْ لَمْ تُبْنَ.

« Masʾala : kull, alladhī, allatī, ayy, mā, matā, ayna, ḥaythumā et leurs semblables sont pour le ʿumūm au sens propre — on a dit : pour le particulier ; on a dit : équivoques ; on a dit : suspension. Le pluriel défini par al- ou par annexion est pour le ʿumūm tant qu'un référent connu (ʿahd) n'est pas avéré — contrairement à Abū Hāshim absolument, et à Imām al-Ḥaramayn lorsqu'un référent est possible. Le singulier défini par al- est comme lui — contrairement à l'Imām [al-Rāzī] absolument. Et la nakira en contexte de négation est pour le ʿumūm : par texte exprès (naṣṣ) si elle est construite sur la fatḥa, par apparence (ẓāhir) sinon. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (ṣiyagh al-ʿumūm) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 164-168

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L'enjeu du débat avec les wāqifiyya

Le débat sur l'existence des ṣiyagh n'est pas un raffinement de grammairiens : il conditionne la possibilité même de légiférer par textes généraux. Si « kull » et « man » ne sont pas posés pour le général, alors aucun verset, aucun ḥadīth ne fonde par lui-même une règle universelle — chaque application devrait être prouvée séparément. Le Qāḍī al-Bāqillānī rapporte dans le Mukhtaṣar al-Taqrīb la position attribuée à al-Ashʿarī et à « la plupart des vérificateurs » : « nous avons sondé la langue et son waḍʿ, et nous n'avons pas trouvé de forme indiquant le ʿumūm » — d'où le waqf. Le jumhūr répond par l'argument du besoin : le ʿumūm est un maʿnā dont les locuteurs ont besoin ; le Wāḍiʿ lui a donc institué des formes, comme à tout sens nécessaire. Et c'est sur ce « ṣaḥīḥ » que se construit tout le tafrīʿ — Zarkashī le dit expressément : wa-hādhā huwa al-ṣaḥīḥ wa-ʿalayhi al-tafrīʿ. La preuve d'usage la plus répétée du bāb : les Compagnons et les gens de la langue cherchaient le dalīl du takhṣīṣ, jamais le dalīl du ʿumūm — signe que la généralité allait de soi.

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Vocabulaire essentiel

صِيغَة ṣīgha
Forme linguistique posée pour un sens. Les ṣiyagh du ʿumūm sont les formes que la langue a instituées pour signifier la généralité.
الْوَاقِفِيَّة al-wāqifiyya
« Les suspensifs » : ceux qui suspendent le jugement sur la portée des prétendues formes du général — soit par équivoque (ishtirāk), soit par ignorance du waḍʿ.
عَهْد ʿahd
Référent déjà connu des interlocuteurs. S'il est avéré, le défini (al-) s'y rapporte et ne généralise pas ; c'est la condition « mā lam yataḥaqqaq ʿahd ».
الْمُفْرَدُ الْمُحَلَّى al-mufrad al-muḥallā
Le singulier « paré » de al- : « al-sāriq », « al-insān ». Généralise-t-il comme le pluriel défini ? Subkī : oui ; al-Rāzī : non (simple māhiyya).
نَصّ / ظَاهِر naṣṣ / ẓāhir
Le naṣṣ ne souffre aucune autre lecture ; le ẓāhir est l'interprétation prépondérante mais discutable. « Lā ilāha illā Llāh » est naṣṣ dans le ʿumūm ; « lā rajulun fī al-dār » (avec rafʿ) est ẓāhir.
فَحْوَى faḥwā
Le mafhūm de concordance a fortiori — premier des deux pourvoyeurs de ʿumūm par ʿurf, à côté de l'imputation du ḥukm aux choses (« vos mères vous sont interdites »).
1

Le débat préalable — y a-t-il des ṣiyagh du ʿumūm ?

Cinq positions
Négation, khuṣūṣ, ishtirāk, waqf, ithbāt — le jumhūr établit les formes par l'argument du besoin linguistique.
Fondement Wāqifiyya

Les cinq madhāhib rapportés par Zarkashī

  • (1) La négation — attribuée à al-Ashʿarī : aucun mot seul ne fait entendre la pluralité par lui-même ; la langue ne s'établit pas par la raison, et ni le tawātur ni les āḥād n'ont transmis un tel waḍʿ.
  • (2) Le khuṣūṣ : ces formes sont posées pour le particulier — le minimum certain du jamʿ (deux ou trois) — et employées dans le général par majāz.
  • (3) L'ishtirāk : équivoques entre général et particulier — c'est la position de la plupart des wāqifiyya.
  • (4) Le waqf : suspension pure — rapportée par le Qāḍī al-Bāqillānī dans Mukhtaṣar al-Taqrīb d'al-Ashʿarī et de la plupart des muḥaqqiqīn, et qu'il a lui-même choisie : « nous avons sondé la langue et n'avons pas trouvé de ṣīgha indiquant le ʿumūm, qu'elle soit nue ou renforcée par les taʾkīd ».
  • (5) L'ithbāt — le qawl du jumhūr et le ṣaḥīḥ : le ʿumūm est un sens parmi les sens, dont on a besoin de parler ; il fallait donc que le Wāḍiʿ lui pose un lafẓ, comme il l'a fait pour tout sens nécessaire. Wa-ʿalayhi al-tafrīʿ — c'est sur cet avis que tout le bāb se construit.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Zarkashī classe les ṣiyagh en deux familles — universelles et spécialisées — et couronne « kull » comme la plus forte d'entre elles.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — la taxinomie des formes

وَإِنَّمَا عَدَّدَ الْمُصَنِّفُ أَمْثِلَةَ الصِّيَغِ لِلتَّنْبِيهِ عَلَى تَقْسِيمِهَا إِلَى مَا يَشْتَمِلُ عَلَى جَمِيعِ الْمَفْهُومَاتِ وَهُوَ الْأَرْبَعَةُ الْأُوَلُ، وَإِلَى مَا يَخْتَصُّ عُمُومُهُ بِبَعْضِهَا وَهُوَ الْبَاقِي. وَإِنَّمَا بَدَأَ بِكُلٍّ لِأَنَّهَا أَقْوَى صِيَغِ الْعُمُومِ، وَالْعَجَبُ مِنَ ابْنِ الْحَاجِبِ فِي إِهْمَالِهَا.

Traduction : « L'auteur n'a énuméré les exemples de formes que pour signaler leur division : celles qui couvrent toutes les catégories de notions — ce sont les quatre premières — et celles dont la généralité se cantonne à certaines d'entre elles — ce sont les autres. Il a commencé par kull parce que c'est la plus forte des formes du ʿumūm — et il est étonnant qu'Ibn al-Ḥājib l'ait omise. »

Le panorama des ṣiyagh dans le commentaire

  • Famille 1 — les universelles (couvrent personnes, temps, lieux, états) : kull — la plus forte, qu'elle ouvre la phrase (« kullu man ʿalayhā fān ») ou suive en taʾkīd (« kulluhum ajmaʿūn ») ; alladhī / allatī et toutes leurs variantes (duel, pluriel : alladhāni, allātī, allāʾī…) ; man pour les doués de raison, pour le reste ; ayy, générale en tout ce à quoi on l'annexe — personnes, temps, lieux, états : « ayyumā imraʾatin nakaḥat nafsahā… ». Zarkashī précise qu'il faut restreindre ayy à ses emplois interrogatif, conditionnel et relatif — excluant l'épithète (« marartu bi-rajulin ayyi rajul »).
  • Famille 2 — les spécialisées : conditionnelle et interrogative pour tout non-doué de raison ; matā pour le temps (« matā taqum aqum ») ; ayna et ḥaythumā pour le lieu — « aynamā takūnū yudrikkumu al-mawt », « wa-ḥaythumā kuntum fa-wallū wujūhakum ».
  • Nuance importante (tanbīh) : man et les noms de condition généralisent les personnes, non les actes : « si une de mes femmes entre dans ma maison, elle est répudiée » — celle qui entre deux fois n'est répudiée qu'une fois. Les formes qui généralisent les actes et imposent la répétition sont kullamā et ses semblables.
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Le pluriel défini — par al- ou par annexion

Al-jamʿ al-muʿarraf
« Al-mushrikīn », « ʿabīdī » : général tant qu'aucun ʿahd n'est avéré — contre Abū Hāshim et la suspension de Juwaynī.
Ṣīgha ʿAhd

La règle et ses preuves

Le pluriel défini par al- sans référent connu (« inna Llāha barīʾun mina al-mushrikīn ») ou par annexion (« mes esclaves sont affranchis », « mes femmes sont répudiées ») est général pour le jumhūr — pluriel sain ou brisé indifféremment. Trois preuves rapportées par Zarkashī :

  • Le ḥadīth du tashahhud : « al-salāmu ʿalaynā wa-ʿalā ʿibādi Llāhi al-ṣāliḥīn — car si vous dites cela, vous aurez salué chaque serviteur vertueux de Dieu au ciel et sur la terre » : le Prophète ﷺ lui-même tire la conséquence universelle de l'annexion.
  • L'istithnāʾ : « donne aux musulmans, sauf untel » est bien formé — or l'istithnāʾ est le critère du ʿumūm.
  • L'argument de la fāʾida : « j'ai vu des musulmans » (indéfini) signale le genre sans istighrāq ; il faut donc que al- ajoute quelque chose — et ce ne peut être que l'istighrāq.

Les dissidences et les nuances

  • Abū Hāshim (al-Jubbāʾī, muʿtazilite) : al- indique le genre, jamais le ʿumūm — « muṭlaqan », qu'un ʿahd soit possible ou non. Attribution analogue à Abū ʿAlī al-Fārisī et, selon al-Māzarī, à Abū Ḥāmid al-Isfarāyīnī.
  • Imām al-Ḥaramayn : si un référent connu est possible sans être avéré, suspension — le terme est équivoque entre ʿahd et genre ; il ne généralise que si le taʿrīf du genre est établi. Le jumhūr : même alors, istighrāq, tant qu'un maʿhūd avéré ne détourne pas le taʿrīf.
  • S'il y a ʿahd avéré : le terme s'y rapporte et ne généralise pas — par accord, comme le dit le Maḥṣūl.
  • L'objection des grammairiens : Sībawayh classe le pluriel sain parmi les pluriels de petit nombre (3 à 10) — comment serait-il général ? Réponses : Juwaynī cantonne le propos des naḥwiyyīn à l'indéfini ; d'autres répondent que le waḍʿ initial pour la qilla n'empêche pas la prépondérance d'usage (ʿurf) dans la kathra — les uṣūliyyīn regardent l'usage dominant, les grammairiens le waḍʿ d'origine : pas de vraie contradiction.
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Le mufrad muḥallā bi-al — « al-sāriq », « al-insān »

Le singulier défini
Général comme le pluriel pour Subkī ; māhiyya pure pour al-Rāzī ; tafṣīl par la tāʾ pour Juwaynī et Ghazālī.
Ṣīgha Khilāf

Quatre positions sur « wa-aḥalla Llāhu al-bayʿ »

  • (1) L'aṣaḥḥ — le ʿumūm, tant qu'il n'y a pas de maʿhūd : preuve par l'istithnāʾ — « inna al-insāna la-fī khusr, illā alladhīna āmanū » — et par le naṣṣ d'al-Shāfiʿī dans la Risāla : « al-zāniya wa-l-zānī » relève du ʿāmm qui a été particularisé. Condition d'Ibn al-Tilimsānī : que « kull » puisse se substituer au terme — possible dans « al-insān », impossible dans « fa-ʿaṣā Firʿawnu al-rasūl » (= Mūsā, déterminé).
  • (2) Al-Rāzī (« l'Imām ») dans le Maḥṣūl : jamais général sans qarīna — al- y définit la māhiyya. Objection classique (rapportée d'Ibn al-Khabbāz et confortée par al-Mubarrad) : si al- ne donnait que la māhiyya, il ne servirait à rien — la nakira la donne déjà ; il faut donc que al- apporte le ʿumūm.
  • (3) Le tafṣīl prêté à Imām al-Ḥaramayn : selon que le singulier du terme se distingue ou non par la tāʾ. « Al-tamr » (dont l'unité est « tamra ») exprime l'istighrāq du genre — « lā tabīʿū al-burra bi-l-burr wa-lā al-tamra bi-l-tamr » ; tandis que ce qui se singularise et se compte (« al-dīnār », « al-rajul ») est équivoque entre ʿumūm et māhiyya.
  • (4) Al-Ghazālī (Mustaṣfā) ajoute le critère de la distinction par l'unité : ce dont le madlūl ne se singularise pas (« al-dhahab », « al-māʾ ») emporte l'istighrāq du genre ; ce qui se singularise ne se porte au ʿumūm qu'avec un dalīl.
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La nakira en négation — naṣṣ ou ẓāhir

Lā rajula fī al-dār
L'indéfini nié généralise : par naṣṣ si construit sur la fatḥa, par ẓuhūr sinon — et le débat waḍʿan / luzūman.
Ṣīgha Nafy

La gradation de force

  • Construite sur la fatḥa (lā de négation absolue) : « lā ilāha illā Llāh », « lā rajula fī al-dār » — ʿumūm par naṣṣ : aucune autre lecture possible. Preuve par l'absurde : sinon, le tawḥīd lui-même ne serait pas établi par la shahāda.
  • Précédée de min, explicite ou sous-entendue : « wa-mā min ilāhin illā Llāh », « mā jāʾanī min rajul » — naṣṣ également : min « consolide l'istighrāq », selon le mot de Sībawayh rapporté par Abū Ḥayyān dans al-Irtishāf.
  • Non construite (lā opérant comme laysa, avec rafʿ) : « lā rajulun fī al-dār » — ʿumūm par ẓāhir seulement : Sībawayh admet « lā rajulun fī al-dār bal rajulān » (pas un homme… mais deux !). D'où la réponse au paradoxe soulevé par al-Qarāfī à partir d'Ibn al-Sīd : il n'y a pas de contradiction entre uṣūliyyīn et grammairiens — la forme généralise partout, mais avec des degrés (naṣṣ / ẓāhir), et le ẓāhir souffre le taʾwīl.

Waḍʿan ou luzūman ? — le baḥth nafīs

La nakira niée généralise-t-elle par position de langue (waḍʿan) — le lafẓ poserait directement la négation de chaque individu — ou par implication (luzūman) — la négation porte sur la māhiyya commune, et la négation du plus général entraîne celle du plus particulier ? Le premier avis est celui de l'école (choisi par al-Qarāfī) ; le second, attribué aux Ḥanafites, est celui que choisit al-Shaykh al-Imām — Taqī al-Dīn al-Subkī, le père de l'auteur. Effets pratiques :

  • L'istithnāʾ : sur l'avis du waḍʿ, « illā » extrait du madlūl même — istithnāʾ muttaṣil ; sur l'avis du luzūm, il n'extrait que d'un lāzim — il devrait être munqaṭiʿ. Or il est muttaṣil par accord : appui pour le premier avis.
  • Le takhṣīṣ par l'intention : celui qui jure « wa-Llāhi lā akaltu » en visant un aliment précis — son intention est reçue si la négation généralise les individus (on peut en particulariser certains) ; non reçue si elle nie seulement la māhiyya (un indivisible ne se particularise pas).
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Au-delà de la langue — ʿumūm par ʿurf et par ʿaql

Trois sources de généralité
La faḥwā et « vos mères vous sont interdites » (ʿurf) ; le ḥukm suspendu au waṣf et le mafhūm de divergence (ʿaql).
Sources ʿUrf / ʿAql

La tripartition des sources du ʿumūm

Le ʿumūm se tire de la langue (les ṣiyagh des blocs précédents), de l'usage (ʿurf), ou de la raison (ʿaql). La division est exhaustive : ce qui signifie est un lafẓ ou non ; le lafẓ signifie par convention générale (la langue) ou particulière (l'usage) ; le reste relève de l'intelligence.

  • Par ʿurf (1) — la faḥwā : le mafhūm de concordance, si l'on tient sa dalāla pour lexicale-usagère : « ne leur dis pas “fi !” » couvre a fortiori le coup, pour tout locuteur.
  • Par ʿurf (2) — l'imputation du ḥukm aux choses : « ḥurrimat ʿalaykum ummahātukum » : l'usage transporte l'interdit de la personne vers toutes les jouissances visées — d'autres y voient un iqtiḍāʾ (l'interdit d'une chose étant impossible, on sous-entend les actes), auquel cas la généralité dépend du débat sur le ʿumūm al-muqtaḍā (carte 30).
  • Par ʿaql (1) — le ḥukm suspendu au waṣf : « fī sāʾimat al-ghanam al-zakāt » — la mention du descriptif signale sa causalité (ʿilliyya), et la raison conclut : partout où la cause, là le causé. Généralité rationnelle, ni lexicale ni usagère.
  • Par ʿaql (2) — le mafhūm de divergence, chez ceux qui l'admettent : la zakāt niée de tout ce qui n'est pas sāʾima. Zarkashī objecte que personne n'en fait une dalāla « rationnelle » : al-Rāzī lui-même, dans al-Maʿālim, la rattache au ʿurf ʿāmm — Subkī suit ici le Maḥṣūl, mais le Minhāj d'al-Bayḍāwī avait mieux fait de la retrancher.
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À retenir

6 principes essentiels
L'inventaire des formes — le matériau de tout le takhṣīṣ à venir.
  • Contre les wāqifiyya, le jumhūr établit l'existence des ṣiyagh par l'argument du besoin : tout sens nécessaire reçoit un lafẓ — et les Compagnons ne cherchaient que les mukhaṣṣiṣāt, jamais la preuve du ʿumūm
  • Deux familles de ṣiyagh : les universelles (kull — la plus forte —, alladhī/allatī, man, mā, ayy) et les spécialisées (matā : temps ; ayna, ḥaythumā : lieu)
  • Le pluriel défini (al- ou iḍāfa) généralise tant qu'aucun ʿahd n'est avéré — contre Abū Hāshim (genre) et le tawaqquf de Juwaynī (ʿahd possible)
  • Le mufrad muḥallā est comme lui (preuve : l'istithnāʾ de « inna al-insāna la-fī khusr ») — contre al-Rāzī (māhiyya) et le tafṣīl par la tāʾ de Juwaynī/Ghazālī
  • La nakira niée généralise : naṣṣ si construite sur la fatḥa ou précédée de min, ẓāhir sinon — et le débat waḍʿan/luzūman commande l'istithnāʾ et le takhṣīṣ par la niyya
  • Le ʿumūm vient aussi du ʿurf (faḥwā ; « vos mères ») et du ʿaql (ḥukm suspendu au waṣf ; mafhūm)
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise des ṣiyagh.

Question

« Pourquoi la nakira en négation est-elle un naṣṣ du ʿumūm dans “lā ilāha illā Llāh” mais un simple ẓāhir dans “lā rajulun fī al-dār” (avec rafʿ) ? Et comment cette gradation permet-elle de concilier les uṣūliyyīn avec le passage de Sībawayh autorisant “lā rajulun fī al-dār bal rajulān” ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
EXISTENCE
5 madhāhib
jumhūr : ithbāt — ʿalayhi al-tafrīʿ
2
PLURIEL DÉFINI
al- / iḍāfa
ʿāmm sauf ʿahd avéré
3
MUFRAD MUḤALLĀ
al-sāriq
mithluhu — khilāf al-Rāzī
4
NAKIRA NIÉE
lā rajula
fatḥa → naṣṣ · rafʿ → ẓāhir