L'échelle des masālik · Les qualités du waṣf · La ʿilla bāʿitha sur l'amāra — le vingt-et-unième critère — puis iṭṭirād, taʿdiya et fécondité
Suite et fin de la grande liste des aqyisa. Subkī ordonne d'abord les masālik entre eux : après l'ijmāʿ et le naṣṣ (carte 8) viennent l'īmāʾ, puis le sabr, la munāsaba, le shabah et le dawarān — hiérarchie que conteste al-Rāzī, pour qui l'īmāʾ, muet par lui-même, dépend de l'un des trois autres. Viennent ensuite les qualités du waṣf : réel plutôt qu'établi par l'usage ou par la Loi, existentiel plutôt que négatif (l'exemple du coing : « comestible » contre « ni mesuré ni pesé »), simple plutôt que composé. Au sommet, le vingt-et-unième critère : la ʿilla entendue comme bāʿitha — porteuse de la sagesse qui motive — prime celle qui n'est que amāra, simple signe ; Subkī lui-même objecte dans son sharḥ, et Zarkashī répond. La liste s'achève sur les couples iṭṭirād / inʿikās, mutaʿaddiya / qāṣira (où al-Ghazālī défend la qāṣira contre al-Rāzī) et la fécondité en furūʿ.
Disponible sur ordinateur
« [Prime] ce dont la ʿilla est établie par l'ijmāʿ, puis par le naṣṣ — tous deux certains —, puis les deux conjecturaux, puis l'īmāʾ, puis le sabr, puis la munāsaba, puis le shabah, puis le dawarān — on a dit : le naṣṣ puis l'ijmāʿ ; on a dit : le dawarān puis la munāsaba. Le qiyās du sens [prime] celui de l'indication ; le non-composé [prime] le composé, si on l'admet — l'Ustādh a inversé. Le waṣf réel, puis l'usuel, puis le légal ; l'existentiel puis le négatif ; le simple puis le composé ; la [ʿilla] motivante sur le signe ; la constante-réciproque, puis la seulement constante sur la seulement réciproque. Sur la transitive et la confinée : plusieurs avis — le troisième : égalité ; et sur la plus féconde en furūʿ : deux avis. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ (tarjīḥ al-aqyisa : tatimmat al-ʿilla) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 374-375
La seconde moitié de la liste change d'objet : après avoir pesé comment on prouve la ʿilla (les masālik, critères 10 à 14 dans le décompte de Zarkashī), on pèse ce qu'elle est (les qualités du waṣf, critères 15 à 21), puis comment elle se comporte (iṭṭirād, inʿikās, taʿdiya, fécondité — critères 22 à 25). Le point d'orgue est le vingt-et-unième : la bāʿitha prime l'amāra — la cause qui porte en elle la sagesse motivante l'emporte sur le simple signe. Ce critère, repris d'Ibn al-Ḥājib, a fait tiquer Subkī lui-même dans son propre sharḥ : la ʿilla est toujours ou bāʿith ou amāra selon la doctrine que l'on professe — personne ne dit qu'elle serait tantôt l'un, tantôt l'autre ! Zarkashī désamorce : il s'agit de comparer deux qiyās-s dont l'un a pour pivot un waṣf bāʿith — dont la causalité fait l'unanimité — et l'autre une simple amāra, controversée. C'est tout l'art du Tashnīf : sauver le matn en le précisant.
Traduction : « Vingt-et-unième : on fait primer le qiyās dont la ʿilla est au sens de la motivante sur celui dont la ʿilla est au sens du signe — ainsi l'a exposé Ibn al-Ḥājib. Je dis : il veut dire que l'on privilégie [le qiyās] dont le jāmiʿ est un bāʿith sur celui dont le jāmiʿ est une amāra — à cause de l'unanimité sur la validité du taʿlīl par le waṣf motivant, et de la divergence sur le signe. »
Entre deux ʿilla-s dont l'une a beaucoup de furūʿ et l'autre peu : deux avis. Qui privilégie la mutaʿaddiya privilégie la féconde — choix d'al-Rāzī, cohérent avec son principe. Et si la moins féconde a des naẓāʾir (parallèles) aussi nombreux que les furūʿ de l'autre — la multitude des parallèles vaut-elle multitude de furūʿ ? « Fīhi naẓar », conclut Zarkashī — al-Rāzī y a consacré une masʾala.
« Subkī objecte à Ibn al-Ḥājib : "la ʿilla est toujours bāʿith, ou amāra, ou muʾaththir — nul ne professe qu'elle serait tantôt l'un, tantôt l'autre." Pourquoi cette objection semble-t-elle ruiner le 21ᵉ critère, et comment la réponse de Zarkashī le sauve-t-elle sans contredire Subkī sur la doctrine ? »