Ce qui est impossible à Son égard et ce qui Lui est affirmé · « لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ » · Les attributs de l'essence et le Qurʾān incréé
Après avoir établi l'existence de l'Unique Qadīm, le matn déroule la grammaire du credo : ce qui est mustaḥīl à l'égard d'Allah — être un corps, une substance, un accident, être dans un temps ou un lieu — et ce qui Lui est wājib : la science embrassant tout su, la puissance sur tout possible, la volonté qui suit la science, et les attributs éternels de l'essence. La règle d'or de cette double démarche est le verset « لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ » : son début est tanzīh, sa fin est ithbāt — al-Zarkashī y consacre une page lumineuse. La carte couvre ensuite les trois écoles sur la nature des ṣifāt (ahl al-ḥaqq, philosophes, Muʿtazilites), la conduite face aux textes équivoques (taʾwīl du khalaf ou tafwīḍ des salaf), et la masʾala la plus grave du kalām selon Zarkashī : le Qurʾān, parole d'Allah incréée — réellement écrite dans nos muṣḥafs, gardée dans nos poitrines, récitée par nos langues.
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« Il n'est ni corps, ni substance, ni accident. Il n'a cessé d'être seul — sans temps, sans lieu, sans région, sans moment — puis Il a fait advenir ce monde sans aucun besoin ; et s'Il l'avait voulu, Il ne l'aurait pas inventé. Par Sa création, nul advenu ne s'est produit en Son essence. Il fait absolument ce qu'Il veut. Rien ne Lui ressemble. Sa science embrasse tout objet de science, Sa puissance tout objet de puissance ; ce qu'Il a su devoir être, Il l'a voulu — et ce qui ne sera pas, non. Il n'a cessé d'être avec Ses Noms et les attributs de Son essence. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Khātima (les ṣifāt et le tanzīh) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 395-404
Toute cette section du matn applique une seule méthode, héritée d'Abū al-Ḥasan al-Ashʿarī (260-324 H) : tenir ensemble le tanzīh et l'ithbāt. Contre les mujassima, qui attribuent à Allah corps, direction et lieu, le matn martèle les négations : ni jism, ni jawhar, ni ʿaraḍ, ni temps ni lieu. Contre les muʿaṭṭila — philosophes et Muʿtazilites — qui vident les attributs de leur réalité, il affirme : science, puissance, volonté, ouïe, vue, parole, vie, des attributs réels, éternels, « ni Lui ni autres que Lui ». Zarkashī montre que cette voie n'est pas un compromis tiède mais l'exacte fidélité au verset « لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ » — et que sur les textes équivoques, salaf (tafwīḍ) et khalaf (taʾwīl) s'accordent sur l'essentiel : le tanzīh d'abord, et notre ignorance du détail ne nuit pas.
Traduction : « Ce verset commence par le tanzīh et s'achève par l'ithbāt. Celui qui réunit les deux — affirmant pour Allah ce qui Lui revient, et L'exemptant de ce qui ne convient pas à Lui, à savoir la ressemblance aux créatures ; affirmant sans assimiler, exemptant sans dépouiller — celui-là a touché juste. Le début du verset est une réplique aux mujassima, et sa fin une réplique aux muʿaṭṭila. »
Zarkashī relève une finesse : pourquoi le tanzīh avant l'ithbāt ? Parce que si le verset avait commencé par « Il est l'Audient, le Voyant », on aurait pu imaginer une ressemblance avec les créatures — d'autres qu'Allah ont ouïe et vue. La négation de toute similitude venant d'abord, ce danger est écarté : l'affirmation de l'ouïe et de la vue Lui revient alors en propre, sans que nul ne L'y partage. L'ordre du verset est donc lui-même un enseignement de méthode : on ne dit les attributs qu'après avoir verrouillé le tanzīh.
Le matn : tout ce qui est authentique dans le Livre et la Sunna parmi les ṣifāt, « on en croit le sens apparent convenable, et l'on exempte (yunazzah) à l'audition de l'équivoque ; puis nos imams divergent : interprétons-nous (nuʾawwil) ou remettons-nous le sens (nufawwiḍ) — en exemptant — avec leur accord que notre ignorance du détail ne nuit pas ». Exemples d'équivoques : « وَجَاءَ رَبُّكَ وَالْمَلَكُ », le ḥadīth du nuzūl.
« Pourquoi Zarkashī voit-il un "secret subtil" dans le fait que le verset "لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ" commence par la négation et finit par l'affirmation — et comment le Qurʾān peut-il être dit "réellement écrit dans nos muṣḥafs" sans que la parole éternelle soit inhérente à un objet créé ? »