Ṣifa, ʿilla, ẓarf, ḥāl, ʿadad · Sharṭ, ghāya, ḥaṣr (innamā, nafy + illā) · Leur hiérarchie pour le tarjīḥ
L'inventaire. Le mafhūm al-mukhālafa n'est pas une figure unique mais une famille : la ṣifa — au sens large : « مَطْلُ الْغَنِيِّ ظُلْمٌ » fait du ghinā une ṣifa par simple annexion —, et ses annexes : ʿilla, ẓarf de temps et de lieu, ḥāl, ʿadad ; puis le sharṭ, la ghāya, et les figures du ḥaṣr : innamā, la négation suivie d'exception (« lā ʿālima illā Zayd »), le pronom de séparation, l'antéposition du complément (﴿إِيَّاكَ نَعْبُدُ﴾). Subkī raffine : « al-ghanam al-sāʾima » et « sāʾimat al-ghanam » n'ont pas le même mafhūm, et la ṣifa nue n'en a pas, « ʿalā al-aẓhar ». Puis vient la question stratégique : ces mafāhīm n'ont pas tous la même force — leur hiérarchie sert au tarjīḥ en cas de conflit, du plus fort (nafy + illā, presque un manṭūq) au plus faible (taqdīm al-maʿmūl, contesté par Ibn al-Ḥājib et Abū Ḥayyān). Al-Zarkashī déploie l'inventaire, ses exemples — la zakāt des sāʾima, les deux qulla-s, « innamā al-walāʾ li-man aʿtaqa » — et les débats qui s'y greffent.
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« Il est : ṣifa — comme “les ovins pâturants” ou “les pâturants d'entre les ovins”, non la simple [mention de] “pâturants”, selon le plus apparent — et en relèvent la ʿilla, le ẓarf, le ḥāl et le ʿadad ; sharṭ ; ghāya ; “innamā” ; et le type “nul savant si ce n'est Zayd”… Son degré le plus haut : “nul savant si ce n'est Zayd” ; puis ce dont on a dit qu'il est manṭūq ; puis les autres ; viennent ensuite le sharṭ, puis la ṣifa appropriée [au statut], puis la ṣifa absolue autre que le ʿadad, puis le ʿadad, puis l'antéposition du complément. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (anwāʿ mafhūm al-mukhālafa) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 74-77 et 79-83
Premier piège évité par le sharḥ : la ṣifa des uṣūliyyūn n'est pas le naʿt des grammairiens. C'est toute restriction d'un nom général par une détermination plus particulière — épithète, annexion, ou autre. Preuve par l'exemple canonique : « مَطْلُ الْغَنِيِّ ظُلْمٌ » — « l'atermoiement du solvable est une injustice » : le ghinā y est traité comme ṣifa alors que la restriction passe par une simple iḍāfa. Imām al-Ḥaramayn allait jusqu'à ramener tous les types à la ṣifa : le nombre est une « qualité » du compté, l'inscription dans un temps ou un lieu une « qualité » de stabilité — « law ʿabbara muʿabbirun ʿan jamīʿi hādhihi al-anwāʿi bi-l-ṣifa la-kāna dhālika munqadiḥan ». Le Qāḍī Abū al-Ṭayyib l'a explicité pour le ʿadad, et Subkī suit cette pente : « wa-minhā » — la ʿilla, le ẓarf, le ḥāl et le ʿadad relèvent de la ṣifa.
Traduction : « Le mafhūm de la ṣifa : que le nom général soit mentionné joint à une qualité particulière — comme : “dans les ovins pâturants, une zakāt”, d'où l'on comprend sa négation pour [la bête] nourrie à l'étable ; et : “pas de legs pour un héritier”, d'où l'on comprend sa licéité pour le non-héritier. La ṣifa visée n'est pas le seul naʿt, au sens des grammairiens — c'est pourquoi ils donnent en exemple : “l'atermoiement du solvable est une injustice”, où la solvabilité est traitée comme ṣifa, la restriction y passant par l'annexion. »
Après avoir établi la ḥujjiyya, Subkī ordonne les degrés « en force et en faiblesse » — utilité déclarée : le tarjīḥ lors du conflit de preuves.
« Comparez : “fī al-ghanam al-sāʾima zakāt” et “fī sāʾimat al-ghanam zakāt”. Pour chacune, identifiez le terme qualifié (al-muqayyad), le cas exclu par mafhūm al-ṣifa — et expliquez pourquoi, dans la seconde tournure, l'exclusion des ovins nourris à l'étable ne relèverait que du mafhūm al-laqab. »