Le procès du dalīl al-khiṭāb · Ḥujja par la langue — sauf le laqab · Abū Ḥanīfa et les autres négateurs, arguments et réponses
Le procès final. Tous ces mafāhīm de la mukhālafa (carte 8) prouvent-ils quelque chose ? La thèse du Jamʿ al-Jawāmiʿ : oui — ils sont ḥujja par la langue (lughatan), à une exception près : le laqab, le nom brut, qui n'exclut rien. En face, un front hétérogène : Abū Ḥanīfa nie tous les mafāhīm de la mukhālafa — et Zarkashī s'étonne que Subkī le cite seul, car al-Ghazālī l'a suivi ; mais attention au contresens d'Ibn al-Rifʿa : l'exemption de zakāt des bêtes nourries à l'étable ne vient pas, chez Abū Ḥanīfa, d'un mafhūm, mais de l'aṣl. Entre les deux camps, des positions intermédiaires : refus dans le khabar seulement ; refus hors du discours du Législateur — thèse du Shaykh al-Imām, le père de Subkī, contre laquelle Ibn Taymiyya élève une objection d'ijmāʿ ; refus de la ṣifa non appropriée (Imām al-Ḥaramayn) ; refus du seul ʿadad. À l'autre extrême, quelques-uns — al-Daqqāq, al-Ṣayrafī, Ibn Khuwayz Mindād — argumentent même par le laqab. Al-Zarkashī instruit le dossier pièce par pièce.
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« Masʾala : les mafāhīm — hormis le laqab — sont ḥujja par la langue ; l'on a dit : par le Sharʿ ; l'on a dit : par le sens [l'usage]. Ont argumenté par le laqab : al-Daqqāq, al-Ṣayrafī, Ibn Khuwayz Mindād et certains Ḥanbalites. Abū Ḥanīfa a nié le tout, absolument ; un groupe, dans le khabar [seulement] ; le Shaykh al-Imām, hors du Sharʿ ; Imām al-Ḥaramayn, la ṣifa qui ne convient pas au statut ; un groupe, le ʿadad à l'exclusion du reste. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (ḥujjiyyat al-mafhūm) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 77-79
Précisons d'abord ce qui ne se discute pas. Le mafhūm al-muwāfaqa fait l'objet d'un accord : le Qāḍī Abū Bakr [al-Bāqillānī] rapporte qu'on s'accorde à le recevoir, et al-Hindī renchérit : « nous ne connaissons pas de divergence sur sa validité — tous y ont souscrit, jusqu'aux négateurs du qiyās ». Le procès ne vise donc que la mukhālafa — « les mafāhīm », avec l'article du ʿahd : les quatre familles précédemment énumérées. Et « ḥujja » signifie ici : ẓāhir dans le mafhūm comme le ʿumūm est ẓāhir dans l'istighrāq — on le fait passer avant le qiyās et après le naṣṣ, dit Ibn al-Samʿānī. Reste la question du fondement : la négation du cas tu vient-elle de la langue (position d'Ibn al-Samʿānī, suivie par Subkī et attribuée à la plupart des compagnons), du Sharʿ (par une disposition ajoutée au waḍʿ), ou de l'usage commun (al-ʿurf al-ʿāmm — position prêtée à al-Rāzī dans les Maʿālim, alors que le Maḥṣūl penche vers les Ḥanafites) ?
Le mafhūm al-laqab : accrocher le statut au nom figé (al-ism al-jāmid) — « Zayd s'est levé » — et en inférer que les autres ne se sont pas levés. Rejeté « ʿalā al-ṣaḥīḥ » : le mot n'a rien dit des autres, et la mention du nom a sa pleine utilité — en parler — sans qu'on doive imaginer une négation. « Laqab » s'entend ici plus largement que chez les grammairiens : laqab, ism et kunya confondus.
Traduction : « Ibn al-Rifʿa s'est imaginé, dans le Maṭlab, qu'Abū Ḥanīfa professait le mafhūm de la ṣifa, puisqu'il fait tomber la zakāt pour la bête nourrie à l'étable. Or le fondement de cette exemption n'est pas, chez lui, le mafhūm : c'est que le principe (al-aṣl) est l'absence d'obligation, absolument ; la pâturante en est sortie par un dalīl ; la nourrie à l'étable est demeurée sur le principe. »
« Abū Ḥanīfa exonère de zakāt les bêtes nourries à l'étable — exactement comme les Shāfiʿītes. Pourquoi est-il néanmoins faux d'en conclure, avec Ibn al-Rifʿa, qu'il admet le mafhūm al-ṣifa ? Et dans quelle situation concrète la différence entre les deux fondements (mafhūm vs aṣl) produirait-elle des résultats opposés ? »