بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°10

الدَّلَالَةُ وَالْوَضْعُ

Comment les mots signifient-ils ? · Le waḍʿ, fondement de toute la sémantique des uṣūl · L'origine de la langue : tawqīf divin ou convention humaine

Avec cette carte s'ouvre la Famille C du Kitāb al-Kitāb : avant d'interpréter le Qurʾān, il faut savoir comment un mot signifie. Subkī commence par un éloge : l'institution des mots (ḥudūth al-mawḍūʿāt al-lughawiyya) est une grâce divine (luṭf), car elle permet d'exprimer ce qui est dans les consciences mieux que le geste ou l'exemple. Il définit ensuite le waḍʿ — « faire du mot un indice du sens » — puis enchaîne les grandes questions : faut-il une affinité naturelle (munāsaba) entre le mot et son sens, comme le prétend ʿAbbād ? Le mot est-il posé pour la réalité extérieure (khārijī) ou pour le concept mental (dhihnī) ? Et surtout : qui a institué la langue — Dieu par révélation (tawqīf) ou les hommes par convention (iṣṭilāḥ) ? Al-Zarkashī, dans le Tashnīf al-Masāmiʿ, déploie l'éventail complet des positions, d'Ibn Fūrak aux Muʿtazilites, avant de valider le choix de Subkī : la suspension du jugement catégorique (al-waqf ʿan al-qaṭʿ).

مِنَ الْأَلْطَافِ حُدُوثُ الْمَوْضُوعَاتِ اللُّغَوِيَّةِ، وَهِيَ الْأَلْفَاظُ الدَّالَّةُ عَلَى الْمَعَانِي، وَتُعْرَفُ بِالنَّقْلِ تَوَاتُرًا أَوْ آحَادًا، أَوْ بِاسْتِنْبَاطِ الْعَقْلِ مِنَ النَّقْلِ. وَالْوَضْعُ: جَعْلُ اللَّفْظِ دَلِيلًا عَلَى الْمَعْنَى. وَلَا يُشْتَرَطُ مُنَاسَبَةُ اللَّفْظِ لِلْمَعْنَى خِلَافًا لِعَبَّادٍ. وَاللَّفْظُ مَوْضُوعٌ لِلْمَعْنَى الْخَارِجِيِّ لَا الذِّهْنِيِّ خِلَافًا لِلْإِمَامِ. وَاللُّغَاتُ تَوْقِيفِيَّةٌ عَلَّمَهَا اللَّهُ بِالْوَحْيِ أَوْ خَلْقِ الْأَصْوَاتِ أَوِ الْعِلْمِ الضَّرُورِيِّ... وَالْمُخْتَارُ الْوَقْفُ عَنِ الْقَطْعِ، وَأَنَّ التَّوْقِيفَ مَظْنُونٌ.

« Parmi les grâces [divines] : l'avènement des institutions langagières — les mots indiquant les sens —, connues par la transmission massive ou individuelle, ou par déduction rationnelle à partir de la transmission. Le waḍʿ est le fait d'instituer le mot comme indice du sens. On n'exige pas d'affinité entre le mot et le sens, contrairement à ʿAbbād. Le mot est posé pour le sens extérieur, non pour le sens mental, contrairement à l'Imām [al-Rāzī]. Les langues sont d'institution divine, Dieu les ayant enseignées par révélation, par création des sons ou par science nécessaire… L'avis choisi est la suspension de tout jugement catégorique : le tawqīf n'est que présumé. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (al-waḍʿ wa-l-dalāla) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 83-89

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Pourquoi commencer par le waḍʿ

Tout le droit révélé passe par des mots : impératifs, négations, termes généraux ou particuliers. Si l'on ignore comment un mot porte un sens, toute la suite — ḥaqīqa, majāz, ʿāmm, khāṣṣ — flotte dans le vide. Subkī ouvre donc par une thèse théologique : la langue est un luṭf, une grâce qui rapproche les serviteurs de l'obéissance, car les créatures ont besoin de se communiquer « ce qui est dans leurs consciences, pour leur vie d'ici-bas (les transactions) et leur vie dernière (la connaissance et les statuts) ». Zarkashī souligne la précision du vocabulaire : Subkī dit ḥudūth (avènement) et non iḥdāth (production) comme Ibn al-Ḥājib — car ce dernier terme suggérerait que la langue est purement conventionnelle, alors que ḥudūth reste neutre entre tawqīf et iṣṭilāḥ. Chaque mot du matn est pesé pour ne pas préjuger des débats qui suivent.

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Vocabulaire essentiel

الْوَضْعُ al-waḍʿ
« L'institution » : faire du mot un indice du sens, de sorte qu'en prononçant le premier, on comprenne le second.
الدَّلَالَةُ al-dalāla
La signification : le fait pour le mot de conduire l'esprit au sens. Elle se décline en muṭābaqa, taḍammun et iltizām.
تَوْقِيفٌ tawqīf
Institution divine de la langue : Dieu a enseigné les mots aux hommes (par révélation, création de sons, ou science nécessaire).
اصْطِلَاحٌ iṣṭilāḥ
Convention humaine : un ou plusieurs hommes ont posé les mots, les autres l'apprenant par gestes et indices, comme l'enfant.
مُنَاسَبَةٌ munāsaba
Affinité naturelle supposée entre le son du mot et son sens — thèse de ʿAbbād b. Sulaymān, rejetée par la majorité.
اللَّفْظُ وَالْمَدْلُولُ lafẓ / madlūl
Le mot proféré et ce qu'il désigne : son madlūl est soit un sens (juzʾī ou kullī), soit un autre mot (employé ou non).
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Le waḍʿ — définition et mode de connaissance

Le socle de toute la Famille C
Instituer un mot, c'est le préparer à signifier ; et l'on ne connaît cette institution que par la transmission ou par déduction à partir d'elle.
Définition Waḍʿ

« Jaʿl al-lafẓ dalīlan ʿalā al-maʿnā »

Le waḍʿ, explique Zarkashī, c'est préparer (tahyiʾa) le mot à produire son sens lorsque le locuteur l'emploie : si je dis « zayd s'est levé », le lever est compris — parce qu'une institution préalable relie ces sons à ce sens. Subkī privilégie la parole sur le geste (ishāra) et l'exemple (mithāl) : elle est plus utile (elle couvre l'absent, l'abstrait, l'inexistant) et plus aisée (elle suit le souffle naturel).

  • Comment connaît-on le waḍʿ ? Trois voies seulement :
    • le naql mutawātir — transmission massive : « samāʾ » (ciel), « ḥarr » et « bard » (chaud, froid) — elle produit la certitude ;
    • le naql āḥād — transmission individuelle : « qarʾ » et autres termes rares — elle produit la présomption, utilisable dans les questions ẓannī, non dans les qaṭʿī ;
    • l'istinbāṭ al-ʿaql min al-naql — déduction composée : ex. le pluriel défini par al- admet l'exception, or tout ce qui admet l'exception est général, donc il est général.
  • Jamais par la raison seule (lā bi-mujarrad al-ʿaql) : la langue est un fait, non une nécessité rationnelle.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Pourquoi la langue est une grâce : le besoin des créatures de communiquer leur for intérieur, pour la vie d'ici-bas et celle de l'au-delà.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — la langue comme luṭf

وَجْهُ كَوْنِهِ مِنَ الْأَلْطَافِ: حَاجَةُ الْخَلْقِ إِلَى إِعْلَامِ بَعْضِهِمْ بَعْضًا مَا فِي ضَمَائِرِهِمْ، مِنْ أَمْرِ مَعَاشِهِمْ لِلْمُعَامَلَاتِ، وَأَمْرِ مَعَادِهِمْ لِإِفَادَةِ الْمَعْرِفَةِ وَالْأَحْكَامِ ؛ فَوَضَعَ لَهُمُ الْأَلْفَاظَ لِمَعَانِيهَا وَوَقَّفَهُمْ عَلَيْهَا عَلَى قَوْلِ التَّوْقِيفِ، أَوْ جَعَلَهُمْ قَادِرِينَ عَلَى وَضْعِ الْأَلْفَاظِ لِمَعَانِيهَا عَلَى قَوْلِ الِاصْطِلَاحِ.

Traduction : « La raison pour laquelle [l'avènement de la langue] compte parmi les grâces : le besoin des créatures de s'informer mutuellement de ce qui est dans leurs consciences — pour leur subsistance, en vue des transactions, et pour leur devenir dernier, en vue de la connaissance et des statuts. [Dieu] a donc institué pour eux les mots pour leurs sens et les leur a fait connaître, selon la thèse du tawqīf ; ou bien Il les a rendus capables d'instituer les mots pour leurs sens, selon la thèse de l'iṣṭilāḥ. »

Trois apports du commentaire

  • La quadripartition du madlūl : ce que désigne un mot est soit un sens (lui-même juzʾī ou kullī), soit un mot — employé (« kalima » désigne le mot « qawl wuḍiʿa li-maʿnā mufrad »), non employé (les noms des lettres de l'alphabet : jīm, lām, sīn), simple (« qāma zayd » comme madlūl du mot « khabar ») ou composé.
  • Supériorité sur la définition d'Ibn al-Ḥājib : celui-ci définit la langue par « tout mot institué pour un sens » (kull lafẓ wuḍiʿa li-maʿnā) — mais le quantificateur « kull » crée des difficultés que la formule de Subkī évite.
  • Pourquoi la parole et non le geste : la parole est plus productive (le geste ne montre que le présent et l'existant, le mot embrasse l'existant et l'inexistant) et plus aisée (elle s'accorde au cours naturel du souffle, sans peine ni perte de contenu).
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Les trois dalālāt — muṭābaqa, taḍammun, iltizām

La grille logique de la signification
Un mot signifie la totalité de son sens par correspondance, sa partie par inclusion, son concomitant par implication.
Logique Dalāla

La grille des logiciens, présupposée par tout le chapitre

Zarkashī manie constamment cette tripartition héritée des logiciens — par exemple lorsqu'il objecte à al-Rāzī que si les mots étaient posés pour les concepts mentaux, leur dalāla sur le réel extérieur ne serait « ni muṭābaqa ni taḍammun » ; ou lorsqu'il précise que le dérivé n'indique la qualité de l'essence « ni par muṭābaqa ni par taḍammun », mais que ses concomitants s'indiquent par iltizām.

  • Muṭābaqa (correspondance) : le mot indique la totalité de ce pour quoi il est posé — « bayt » (maison) pour l'ensemble murs + toit.
  • Taḍammun (inclusion) : le mot indique une partie de son sens — « bayt » pour le seul toit.
  • Iltizām (implication) : le mot indique un concomitant extérieur de son sens — « plafond » impliquant le mur porteur.
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La munāsaba — faut-il une affinité entre mot et sens ?

ʿAbbād contre le jumhūr
ʿAbbād b. Sulaymān affirme une affinité naturelle entre le son et le sens ; la majorité la rejette : un même mot désigne une chose et son contraire.
Khilāf Munāsaba

Le débat et ses nuances

  • Thèse de ʿAbbād (muʿtazilite) : la dalāla du mot sur le sens tient à une affinité naturelle (munāsaba ṭabīʿiyya) — sinon, pourquoi tel mot serait-il affecté à tel sens plutôt qu'un autre ?
  • Réponse du jumhūr : un même mot est institué pour une chose, son contraire et son contradictoire (les aḍdād) ; or une même chose ne peut avoir d'affinité naturelle avec les deux contraires. Le principe de l'affectation est la volonté du Wāḍiʿ (l'Intention éternelle si c'est Dieu, la représentation mentale si c'est l'homme — comme pour les prénoms).
  • Deux lectures de ʿAbbād (rapportées par Zarkashī) : la munāsaba serait (a) ce qui incite au waḍʿ — lecture du Maḥṣūl d'al-Rāzī — ou (b) suffisante pour que le mot signifie, sans waḍʿ — lecture transmise par al-Āmidī.
  • La médiation d'al-Ṣafī al-Hindī : si l'on entend la première lecture, la thèse est « proche » — mais indémontrable pour chaque mot de chaque langue ; la critique d'al-Āmidī (« on aurait pu poser “wujūd” pour le néant ») ne porte que contre la seconde.
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Le mot est-il posé pour le khārijī ou le dhihnī ?

Subkī contre al-Rāzī — et la voie médiane du père
Al-Rāzī et al-Bayḍāwī : pour le concept mental. Subkī : pour la réalité extérieure. Le Shaykh al-Imām : pour le sens en tant que tel.
Khilāf Khārijī / dhihnī

Trois positions

  • (a) Le sens extérieur (al-maʿnā al-khārijī) : position du matn, tranchée par Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī et soutenue par Ibn Mālik : quand je dis « Zayd est venu », j'informe de la venue réelle de Zayd, non de sa venue pensée.
  • (b) Le concept mental (al-maʿnā al-dhihnī) : al-Rāzī et al-Bayḍāwī, par l'argument de la variation : voyant une silhouette de loin, je dis « pierre », puis « arbre », puis « oiseau », puis « homme » — le mot suit ma représentation, donc il est posé pour elle. Réfutation de Zarkashī : le mot varie parce que varie ma croyance sur le réel, pas parce qu'il signifierait le mental.
  • (c) Le sens en tant que tel (min ḥaythu huwa) : position du Shaykh al-Imām, Taqī al-Dīn al-Subkī (père de l'auteur) : le mot est posé pour le sens abstraction faite de son existence mentale ou extérieure — plus général que les deux.

« Tout sens n'a pas un mot »

Corollaire posé par le matn : il n'est pas nécessaire que chaque sens dispose d'un mot propre — les variétés de parfums, noté Zarkashī d'après le Maḥṣūl, n'ont pas reçu de noms, alors que le majāz prouve qu'un même mot doit servir plusieurs sens : les sens sont indéfinis, les mots finis. On n'institue un mot que lorsque le besoin de communication l'exige (li-ajl al-ifhām bi-l-mukhāṭaba).

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L'origine de la langue — tawqīf ou iṣṭilāḥ ?

La grande masʾala du chapitre
Sept positions, d'Ibn Fūrak aux Muʿtazilites ; le choix de Subkī : suspendre le jugement catégorique — le tawqīf n'est que présumé.
Masʾala Tawqīf / iṣṭilāḥ

L'éventail des positions

  • (1) Tawqīf — Ibn Fūrak et le jumhūr : Dieu a enseigné les langues, par révélation aux prophètes, par création de sons entendus, ou par science nécessaire créée dans les cœurs. Arguments : ﴾وَعَلَّمَ آدَمَ الْأَسْمَاءَ كُلَّهَا﴾ ; et l'argument d'Ibn Fāris : l'iǧmāʿ autorise à arguer de la langue « des gens » (ahl al-lugha) — ce qui suppose qu'elle ne soit pas une simple convention parmi d'autres. Les grammairiens ajoutent : si elle était conventionnelle, les conventions auraient divergé dès l'origine.
  • (2) Position prêtée à al-Ashʿarī : tawqīf également ; mais Zarkashī, ayant lu Ibn Fūrak, rapporte que l'avis le plus sûr d'al-Ashʿarī est plutôt : « le plus probable est que c'est une inspiration (ilhām) de Dieu » — d'où la prudence de Subkī à le lui attribuer.
  • (3) Iṣṭilāḥ — la plupart des Muʿtazilites : un ou plusieurs hommes ont institué la langue, le reste l'apprenant par gestes et indices répétés, comme l'enfant apprend de ses parents.
  • (4) L'Ustādh Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī : le minimum requis pour initier la communication est tawqīfī (sinon régression infinie : toute convention suppose un échange préalable) ; le reste est indéterminé — et selon le Maḥṣūl : conventionnel.
  • (5) L'inverse : le quantum initial est conventionnel, le reste indéterminé.
  • (6-7) Waqf : suspension forte (tout est possible, preuves en équilibre — attribuée au Qāḍī Abū Bakr et aux muḥaqqiqūn) ; ou suspension du seul qaṭʿ avec préférence présomptive pour le tawqīf — choix d'Ibn al-Ḥājib et de Subkī : « al-tawqīf maẓnūn ».
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La langue s'établit-elle par qiyās ?

Le Qāḍī et al-Ghazālī contre Ibn Surayj
Peut-on appeler « khamr » le nabīdh par analogie ? Quatre positions, et l'issue élégante d'Ibn Surayj : l'extension est sharʿiyya, non lughawiyya.
Masʾala Qiyās lughawī

Le problème et les positions

La « khamr » est nommée pour la fermentation (takhmīr) ; le nabīdh fermente aussi : peut-on étendre le nom par analogie, avec toutes les conséquences juridiques (ḥadd, prohibition) ? Tous s'accordent à exclure le qiyās des noms propres et de ce qui se vérifie par istiqrāʾ (le marfūʿ du fāʿil) ; le débat porte sur les noms motivés par une qualité.

  • Refus — le Qāḍī Abū Bakr, Imām al-Ḥaramayn, al-Ghazālī, al-Āmidī : la langue n'est pas « raisonnée » (ghayr maʿqūlat al-maʿnā) ; or le qiyās est fils de la ratio. Les Arabes ont nommé « dābba » ce qui rampe, sans nommer ainsi tout ce qui rampe — la dérivation n'est pas systématique.
  • Admission : la dérivation dans le nom vaut motivation (taʿlīl) : le dérivé est au dérivant ce que la branche est à la racine.
  • Troisième voie (tirée du Qāḍī ʿAbd al-Wahhāb) : le qiyās court dans la ḥaqīqa, non dans le majāz — car le majāz est de rang inférieur.
  • Ibn Surayj (choix rapporté avec faveur) : l'établissement des noms est licite sharʿan, non lughatan : la sharīʿa nomme par les causes (la ṣalāt est « ṣalāt » par ses propriétés), donc le nabīdh reçoit le nom de khamr par la voie du sharʿ, et le ḥadd suit.
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À retenir

5 principes essentiels
Le socle sémantique de tout le Kitāb al-Kitāb.
  • La langue est un luṭf : les mots, plus utiles et plus aisés que le geste, expriment ce qui est dans les consciences
  • Le waḍʿ = faire du mot un indice du sens ; il se connaît par naql (tawātur / āḥād) ou par déduction du naql — jamais par la raison seule
  • Pas de munāsaba requise entre le mot et le sens (contre ʿAbbād) ; le mot est posé pour le khārijī, non le dhihnī (contre al-Rāzī)
  • Origine de la langue : tawqīf (jumhūr), iṣṭilāḥ (Muʿtazila), mixte (Ustādh) — choix de Subkī : waqf ʿan al-qaṭʿ, le tawqīf restant maẓnūn
  • La langue ne s'étend pas par qiyās selon le Qāḍī, Imām al-Ḥaramayn et al-Ghazālī — Ibn Surayj sauve l'extension en la déclarant sharʿiyya
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question pour vérifier la maîtrise du waḍʿ et de ses débats.

Question

« L'Ustādh Abū Isḥāq al-Isfarāyīnī soutient que le quantum initial nécessaire à la communication est forcément tawqīfī, le reste pouvant être conventionnel. Reconstituez son argument : pourquoi une convention purement humaine, sans aucun donné préalable, serait-elle logiquement impossible ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
WAḌʿ
jaʿl al-lafẓ dalīlan
connu par naql, pas par ʿaql
2
DALĀLA
3 modes
muṭābaqa · taḍammun · iltizām
3
MUNĀSABA
non requise
contre ʿAbbād
4
ORIGINE
tawqīf ?
waqf — tawqīf maẓnūn