La particule de l'obligation et celle de l'appartenance · Istiʿlāʾ, taʿlīl, milk, istighrāq · « ʿAlayhi » : ce qui pèse sur le mukallaf
Deuxième volet des particules de sens : ʿalā, dont l'istiʿlāʾ (être au-dessus) fonde dans la langue du fiqh l'expression même de l'obligation — « ʿalayhi dayn », « li-Llāhi ʿalā al-nās ḥijju al-bayt » : ce qui est « sur » quelqu'un pèse sur lui ; la lām, particule de la cause (taʿlīl), du droit (istiḥqāq) et de la propriété (milk) — « al-māl li-Zayd » —, dont dépendent la fatwa du ṭalāq motivé et la lecture des versets de finalité ; kay qui explicite la cause ; kull, le nom de la totalité, antichambre du chapitre du ʿāmm ; rubba enfin, qu'on croit vouée au peu et qui, pour l'avis choisi, dit surtout le beaucoup — sans oublier la curieuse bayd du ḥadīth « je suis le plus éloquent des Arabes ». Al-Zarkashī déploie ici al-Qarāfī, al-Rāghib al-Iṣfahānī, al-Zamakhsharī et Ibn Mālik.
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« ʿAlā : l'avis le plus correct est qu'elle peut être un nom au sens de "au-dessus", et une particule exprimant la supériorité, l'accompagnement, le dépassement, la cause, la contenance, la rectification et l'ajout — quant à ʿalā yaʿlū, c'est un verbe. La lām exprime la cause, le droit, l'affectation exclusive, la propriété, le devenir, le transfert de propriété et son semblable, la corroboration de la négation, la transitivité et la corroboration. Kay exprime la cause, et le sens du an d'infinitif. Kull est un nom d'épuisement des individus de l'indéfini. Rubba exprime l'abondance et la rareté. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (ʿalā, lām, kay, kull, rubba, bayd) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 127-135
Dans la langue des juristes, deux particules se partagent le monde des droits : ce qui est ʿalā quelqu'un pèse contre lui (dette, devoir, charge) ; ce qui est li-quelqu'un joue en sa faveur (créance, droit, propriété). « ʿAlayya dayn » : je dois ; « lī dayn » : on me doit. Al-Zarkashī explique le fondement : l'istiʿlāʾ peut être sensible (« kullu man ʿalayhā fān » — quiconque est sur la terre) ou intelligible : la dette « monte » sur le débiteur et le domine — « comme on dit : la dette l'a chevauché ». De l'autre côté, la lām décline les degrés de la faveur : simple rattachement (ikhtiṣāṣ), droit fondé (istiḥqāq), propriété pleine (milk). Al-Qarāfī les hiérarchise : l'istiḥqāq est attesté par l'usage constant (la selle pour le cheval, la porte pour la maison), l'ikhtiṣāṣ peut s'en passer ; et Zarkashī suggère que l'ikhtiṣāṣ est en réalité la racine dont milk et istiḥqāq sont des branches — raison pour laquelle al-Zamakhsharī n'a retenu que lui dans le Mufaṣṣal.
Traduction : « Al-Zamakhsharī a dit : la vérité est que c'est bien la lām de la cause, mais que la causalité y opère par voie de majāz et non de ḥaqīqa. Car le mobile du recueil [de Mūsā par la famille de Pharaon] n'était pas qu'il devînt leur ennemi — c'étaient l'amour et l'adoption ; seulement, comme [l'inimitié] fut le résultat et le fruit de ce recueil, on l'a assimilée au mobile pour lequel l'acte est accompli. La lām est donc empruntée pour ce qui ressemble à la cause, comme "lion" est emprunté pour celui qui ressemble au lion. »
« Dans "li-Llāhi ʿalā al-nāsi ḥijju al-bayti man istaṭāʿa ilayhi sabīlā", identifiez la fonction de la lām puis celle de ʿalā, et montrez comment leur combinaison fonde la lecture du ḥajj comme obligation due à Allah. Puis expliquez pourquoi "tawakkaltu ʿalā Allāh" ne peut pas relever de l'istiʿlāʾ, même figuré. »