Le ʿāmm après l'opération · Ḥaqīqa ou majāz ? Ḥujja ? Cause spéciale ? Naskh ou takhṣīṣ ? · Les masāʾil transversales
Une fois le ʿāmm entamé, que reste-t-il de lui ? Cette carte rassemble les masāʾil qui décident du régime du général particularisé. D'abord la distinction fondatrice — « parmi les points capitaux de cette science », dit al-Zarkashī — due au Shaykh al-Imām, père de l'auteur : le ʿāmm makhṣūṣ (voulu dans son évocation, restreint dans son jugement) n'est pas le ʿāmm dont on a voulu le particulier dès l'origine — celui-là est majāz sans discussion. De là découlent les deux grands débats : le makhṣūṣ reste-t-il ḥaqīqa (sept positions) ? demeure-t-il une ḥujja sur le reste (six positions) ? Suivent les fausses pistes — ce qui ne particularise pas : la coordination, le retour du pronom sur une partie du ʿāmm, la mention d'un de ses individus — puis le ʿāmm survenu sur une cause spéciale : « la leçon tient à la généralité du lafẓ, non à la particularité du sabab », avec la thèse audacieuse du père de Subkī sur l'entrée seulement ẓannī de la cause. En clôture, la frontière entre naskh et takhṣīṣ selon la chronologie du khāṣṣ et du ʿāmm.
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« Le général particularisé : sa généralité est voulue quant à l'évocation, non quant au jugement ; celui dont on a voulu le particulier : [sa généralité] n'est pas voulue — c'est un universel employé dans un singulier, et c'est pourquoi il est majāz à coup sûr. Le [général] particularisé, la plupart ont dit : il est une preuve. Le général survenu sur une cause spéciale : sa généralité est prise en compte chez la plupart. Et si le particulier survient après [le temps de] la mise en œuvre, il abroge [la portion correspondante du] général ; sinon, il le particularise. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (masāʾil al-takhṣīṣ) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 177-179 et 191-196
Cette carte est celle où le père de l'auteur — Taqī al-Dīn al-Subkī, « al-Shaykh al-Imām » (683-756 H), juge suprême de Damas et l'un des derniers mujtahids revendiqués du madhhab — pèse le plus sur le matn de son fils. C'est lui qui formalise la distinction entre le ʿāmm makhṣūṣ et le ʿāmm urīda bihi al-khuṣūṣ, « négligée des [anciens] uṣūliyyūn » et que les récents débattaient sans la fixer ; lui encore qui choisit la ḥaqīqa pour le makhṣūṣ, avec les fuqahāʾ, contre la majorité des théoriciens ; lui enfin qui ose contre le jumhūr la thèse de l'entrée seulement ẓannī de la ṣūrat al-sabab dans le ʿāmm — avec, en prime, l'idée subtile d'un rang intermédiaire : le cas particulier auquel un verset général a été accolé « pour la convenance de l'ordre du Qurʾān » (l'affaire de Kaʿb b. al-Ashraf et le verset des dépôts) est plus fort que le simple individu du ʿāmm, plus faible que la cause de révélation. Al-Zarkashī, élève des cercles subkiens, restitue ces analyses avec une fidélité critique.
Traduction : « Sache que la recherche sur la distinction entre le général particularisé et le général dont on a voulu le particulier compte parmi les points capitaux de cette science ; les uṣūliyyūn [anciens] ne l'ont pas abordée, et les récents l'ont beaucoup débattue — parmi eux le père de l'auteur, qui distingua ainsi : le général particularisé, c'est que son sens soit voulu dans l'évocation de chaque individu, mais qu'on en retranche certains — sa généralité n'étant pas voulue dans le jugement, en raison de l'indice du takhṣīṣ ; le général dont on a voulu le particulier, c'est que le mot général soit lancé en ne visant qu'une partie de ce qu'il évoque. »
« Le verset ﴾وَبُعُولَتُهُنَّ أَحَقُّ بِرَدِّهِنَّ﴿ ne vaut que des répudiées révocables : pourquoi ne restreint-il pas pour autant le tarabbuṣ de ﴾وَالْمُطَلَّقَاتُ يَتَرَبَّصْنَ﴿ à ces seules révocables ? Et pourquoi le même Shāfiʿī qui proclame "al-ʿibra bi-ʿumūm al-lafẓ" a-t-il cantonné le nahy de tuer les femmes aux ḥarbiyyāt ? »