Le cinquième maslak — takhrīj al-manāṭ · Ḍarūrī, ḥājī, taḥsīnī · Muʾaththir, mulāʾim, mulghā, mursal — et les maṣāliḥ mursala
Cœur doctrinal des masālik, la munāsaba — dite aussi ikhāla, et son extraction takhrīj al-manāṭ — est la voie par laquelle le mujtahid détermine la ʿilla en exhibant une appropriation entre le waṣf et le ḥukm : ainsi l'iskār pour l'interdiction du khamr, étendue au nabīdh — l'exemple même du qiyās que combattirent les Ẓāhirites. Subkī construit ici une double cartographie. D'abord par force du maqṣūd : le munāsib est ḍarūrī (les cinq — pour Subkī, six — nécessités), ḥājī ou taḥsīnī, chacun avec ses compléments (mukammilāt). Ensuite par témoignage du Législateur : le waṣf considéré (muʿtabar) — muʾaththir ou mulāʾim —, le waṣf invalidé (mulghā) — l'exemple fameux du roi à qui l'on prescrit deux mois de jeûne plutôt qu'un affranchissement trop facile —, et le waṣf laissé sans témoignage : le mursal, dont Mālik fait une preuve et que les Shāfiʿites n'admettent qu'encadré. Al-Zarkashī y ajoute la question de l'inkhirām : la munāsaba se brise-t-elle par une mafsada équivalente ?
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« La cinquième [voie] : la munāsaba — l'ikhāla — dont l'extraction se nomme takhrīj al-manāṭ : c'est la détermination de la ʿilla en exhibant une appropriation, avec la concomitance et l'indemnité des vices invalidants — comme l'enivrement. Le munāsib est nécessaire, puis relevant du besoin, puis de l'embellissement ; le nécessaire : comme la préservation de la religion, puis de la vie, puis de la raison, puis de la filiation, puis des biens — et de l'honneur. Puis le munāsib : si le waṣf même est considéré dans le ḥukm même par un naṣṣ ou un ijmāʿ, c'est le muʾaththir ; s'il n'est pas considéré par eux mais par l'ordonnancement du ḥukm conformément à lui — fût-ce son genre dans son genre — c'est le mulāʾim ; et s'il n'est pas considéré : si une preuve montre son invalidation, on ne motive pas par lui ; sinon, c'est le mursal. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Qiyās (al-munāsaba wa-l-ikhāla) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 317-322
Avec la munāsaba, on quitte les voies où la cause est donnée (ijmāʿ, naṣṣ, īmāʾ) pour celle où elle est extraite par le regard — « c'est l'istinbāṭ qiyāsī sur lequel la divergence fut immense, et que rejetèrent les gens du Ẓāhir », note Zarkashī. Le nom même est parlant : ikhāla, car en considérant le waṣf « on conjecture » (yukhālu) qu'il est la cause ; takhrīj al-manāṭ, car le mujtahid « fait sortir » ce à quoi le ḥukm est suspendu. C'est ici que les uṣūl rejoignent les maqāṣid al-sharīʿa : les cinq nécessités — religion, vie, raison, filiation, biens — auxquelles Subkī, après al-Ṭūfī, ajoute l'honneur (al-ʿirḍ), protégé par le ḥadd du qadhf, en s'appuyant sur le sermon de l'adieu : « vos sangs, vos biens et votre honneur vous sont sacrés ». Zarkashī cite aussi une fāʾida d'ʿIzz al-Dīn b. ʿAbd al-Salām tirée de ses Fawāʾid — preuve que la lignée maqāṣidienne (Ghazālī → ʿIzz al-Dīn → Subkī père et fils) traverse tout ce chapitre.
Le tranchement : les deux premiers rangs fondent le taʿlīl par accord ; pour les troisième et quatrième, al-aṣaḥḥ chez Subkī — avec Ibn al-Ḥājib — est la validité : la preuve en est le qaṣr accordé au voyageur de luxe (mutaraffih), chez qui la mashaqqa fait défaut — le simple iḥtimāl du maqṣūd suffit donc.
Tout se joue sur deux axes : le waṣf est-il considéré en son espèce (ʿayn) ou en son genre (jins), et dans l'espèce ou le genre du ḥukm ?
Traduction : « Le deuxième [cas] : on peut savoir que le Législateur a invalidé [le waṣf] — alors on ne motive pas par lui, par accord. Ainsi la parole d'un savant à un roi qui l'interrogeait sur son rapport conjugal en Ramaḍān : il lui prescrivit deux mois de jeûne consécutifs, en disant : "si je lui avais prescrit l'affranchissement, il l'aurait tenu pour peu de chose, vu l'étendue de sa fortune, et il aurait violé la sacralité de la Loi autant qu'il l'aurait voulu ; la maṣlaḥa était donc dans le jeûne, afin qu'il soit dissuadé." »
Le raisonnement du muftī — attribué par la tradition à Yaḥyā b. Yaḥyā al-Laythī devant l'émir d'al-Andalus — est munāsib en apparence : le jeûne dissuade mieux le riche que l'affranchissement. Mais, dit Zarkashī, « bien qu'approprié, le Législateur l'a invalidé » : les textes imposent l'ordre des kaffārāt (affranchissement, puis jeûne, puis nourriture) à tout mukallaf indistinctement, sans différencier riche et pauvre. Substituer la « maṣlaḥa » au tartīb textuel, c'est légiférer contre le texte au nom de l'esprit du texte — exactement ce que le système des masālik veut interdire.
Le matn : « la munāsaba se brise (tankharim) par une mafsada concomitante prépondérante ou égale — contrairement à l'Imām [al-Rāzī] ». Si le waṣf porte une maṣlaḥa pure ou prépondérante, sa munāsaba est unanime. Mais s'il entraîne une mafsada égale ou supérieure :
« La fatwā donnée au roi (deux mois de jeûne plutôt qu'un affranchissement "trop facile") repose sur une maṣlaḥa réelle : la dissuasion. Pourquoi est-elle néanmoins rejetée par accord, alors que la maṣlaḥa du tatarrus — viser le bouclier humain pour sauver la communauté — est, elle, reçue ? Situez chacune dans la grille muʿtabar / mulghā / mursal. »