Le quatrième maslak · Recenser les waṣfs, éliminer, garder le reste · Ḥaṣr qaṭʿī ou ẓannī — et les voies d'invalidation
Le sabr wa-l-taqsīm est la voie « par élimination » : on recense les waṣfs candidats dans l'aṣl (taqsīm), on invalide ceux qui ne conviennent pas (sabr — littéralement le sondage, l'épreuve), et le restant s'impose comme ʿilla. Al-Qāḍī Abū Bakr al-Bāqillānī y voyait « la plus forte voie d'établissement des ʿilal » ; Zarkashī en démonte la mécanique fine : pourquoi dit-on « sabr puis taqsīm » alors qu'on semble diviser avant d'éprouver ; en quoi le mustadill peut se contenter de dire « j'ai cherché et n'ai rien trouvé d'autre » ; quand le résultat est qaṭʿī (recension et invalidation certaines — le ḥaṣr rationnel) et quand il n'est que ẓannī (recension par induction). Suivent les questions de disputation — l'opposant qui exhibe un waṣf supplémentaire, l'accord des deux adversaires sur deux waṣfs — et les deux grandes voies d'invalidation : montrer que le waṣf est ṭardī (l'exemple de la masculinité dans l'affranchissement), ou qu'aucune munāsaba n'y apparaît après recherche.
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« La quatrième [voie] : le sabr et le taqsīm — c'est la recension des waṣfs dans l'aṣl et l'invalidation de ce qui ne convient pas : le restant se détermine [comme ʿilla]. Il suffit que l'argumentateur dise : "j'ai cherché et n'ai pas trouvé [d'autre waṣf]", car le principe est l'inexistence de ce qui leur serait ajouté. Le mujtahid s'en remet à sa conjecture : si la recension et l'invalidation sont certaines, [le résultat] est certain ; sinon, probable. Et c'est une preuve pour le chercheur (nāẓir) comme pour le disputateur (munāẓir), selon le plus grand nombre. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Qiyās (al-sabr wa-l-taqsīm) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 315-317
Objection naturelle : on devrait dire « taqsīm wa-sabr », puisqu'on divise les waṣfs avant de les éprouver. Zarkashī défend l'ordre reçu : en réalité, le mujtahid commence par sonder le maḥall — y a-t-il seulement des waṣfs, et lesquels ? — c'est un premier sabr ; puis il divise (taqsīm) ; puis il éprouve chaque branche — second sabr. L'expression « al-sabr wa-l-taqsīm » est ainsi devenue un nom propre du procédé. Le mot lui-même vient de la langue : al-sabr, c'est l'ikhtibār, l'épreuve — comme on sonde une plaie pour en connaître la profondeur. La force du maslak tient à sa structure logique : si la liste est close et que tout est invalidé sauf un, ce reste est nécessairement la cause — à condition, justement, que la liste soit close (ḥaṣr) et l'invalidation établie : tout le débat sur sa valeur (qaṭʿī ou ẓannī, ḥujja ou non) se ramène à la solidité de ces deux piliers.
Le maslak repose sur deux prémisses, et vaut exactement ce qu'elles valent :
Quand recension et invalidation sont certaines, la valeur probante est unanime. Le désaccord porte sur le sabr ẓannī :
Traduction : « Parmi les voies de négation de la ʿilla [supplémentaire] : la parole de l'argumentateur — digne de confiance — : "j'ai cherché et n'ai trouvé que les waṣfs mentionnés" ; car s'il est probe et apte à l'examen, la conjecture prépondérante est l'inexistence de tout autre waṣf que ceux mentionnés : le ẓann de la clôture s'obtient sur ce qu'il a cité. Si l'opposant met alors en évidence un autre waṣf, il incombe à l'argumentateur d'invalider sa causalité, pour que l'istidlāl s'achève. »
Montrer que le waṣf appartient au genre de ce que le Législateur a invalidé :
« L'opposant exhibe un waṣf que le mustadill n'avait pas recensé. Pourquoi n'a-t-il pas à prouver que ce waṣf est apte au taʿlīl, alors que le mustadill, lui, doit l'invalider ? Et dans quel cas précis Subkī juge-t-il malgré tout le mustadill "rompu" (munqaṭiʿ) ? »