La cascade des sept manʿ · L'istifsār en tête, l'ifḥām ou l'ilzām en clôture · Cumul des questions, taqsīm — et la khātima du Kitāb al-Qiyās
Clôture de la Famille D : après l'inventaire des qawādiḥ — que les jadaliyyūn, depuis Ibn al-Ḥājib, portent classiquement à vingt-cinq questions —, reste à régler leur ordre d'entrée en scène. Subkī le grave dans une cascade célèbre : « on peut dire : nous ne concédons pas le ḥukm de l'aṣl — concédé, mais qu'il se prête au qiyās — concédé, mais qu'il soit causé — concédé, mais que ce waṣf soit sa ʿilla — concédé, mais qu'elle s'y trouve — concédé, mais qu'elle soit transitive — concédé, mais qu'elle existe dans le farʿ » : sept manʿ, trois sur l'aṣl, trois sur la ʿilla, un sur le farʿ — l'ordre naturel du qiyās lui-même. En amont de tout : l'istifsār, « l'avant-garde des questions » — on ne nie pas ce qu'on n'a pas compris — avec son annexe le taqsīm, l'équivoque entre deux sens dont l'un est concédé et l'autre nié. Au cœur : peut-on cumuler les objections, même hiérarchisées, sans que la suivante « concède » la précédente ? Oui, tranche Subkī : la concession n'est que taqdīrī — mais alors le tartīb devient obligatoire. En aval : l'issue du combat — ifḥām du mustadill réduit au silence, ou ilzām du muʿtariḍ acculé au nécessaire. Et la khātima du Kitāb : le qiyās est-il « dīn Allāh » ? Est-il des uṣūl al-fiqh, contre Imām al-Ḥaramayn ? Farḍ kifāya — et farḍ ʿayn sur le mujtahid qui en a besoin.
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« On peut dire : nous ne concédons pas le ḥukm de l'aṣl ; concédé — mais nous ne concédons pas qu'il relève de ce où l'on fait qiyās ; concédé — mais nous ne concédons pas qu'il soit causé ; concédé — mais nous ne concédons pas que ce waṣf soit sa ʿilla ; concédé — mais nous ne concédons pas qu'elle s'y trouve ; concédé — mais nous ne concédons pas qu'elle soit transitive ; concédé — mais nous ne concédons pas son existence dans le farʿ. »
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Qiyās (tartīb al-asʾila wa-khātimat al-kitāb) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 340-345
La cascade des sept manʿ n'est pas un caprice de style : Zarkashī y lit l'obligation du tartīb, calquée sur « l'ordre naturel » du qiyās. On objecte d'abord à l'aṣl (son ḥukm, son aptitude au qiyās, son caractère causé), puis à la ʿilla — car elle est comme déduite de l'aṣl, sa branche (son identité, sa présence, sa transitivité) —, enfin au farʿ, qui se bâtit sur les deux (présence de la ʿilla, conformité du ḥukm — et la question du qalb s'y loge). Les jadaliyyūn ajoutent l'étage zéro : après l'istifsār vient le fasād al-iʿtibār — examen global du qiyās avant tout détail —, puis le fasād al-waḍʿ, plus spécial. Ce squelette donne son sens à la règle du cumul : enchaîner « sallamnā wa-lā nusallimu » n'est pas se contredire, car chaque concession est taqdīrī — « à supposer même le premier point, le second ne passe pas » ; mais qui jette ses objections dans le désordre commet un « manʿ après taslīm » : nier le taʿlīl de l'aṣl, c'est en avoir tacitement concédé le ḥukm — comment le nier ensuite ? Le tartīb n'est donc pas une politesse : c'est la condition logique du droit de tout dire.
« Sept objections : trois touchent l'aṣl, trois la ʿilla, une le farʿ — et leur présentation en cet ordre enseigne l'obligation du tartīb, car il épouse l'ordre naturel. »
« En tête [des objections] : l'istifsār — demander le sens du lafẓ en cas de gharāba ou d'ijmāl. » Pourquoi en tête ? « Qui ignore le madlūl du lafẓ ne peut ni le nier ni lui opposer quoi que ce soit. » Le shaykh de Zarkashī, ʿImād al-Dīn al-Isnawī, doutait même que ce fût une « objection » : l'istifsār n'égratigne pas le discours, il le fait connaître — « c'est l'éclaireur de la question, non la question ».
Traduction : « L'ifḥām, chez eux, désigne la mise à court du mustadill par le manʿ ou la muʿāraḍa ; l'ilzām, l'aboutissement du dalīl du mustadill à des prémisses nécessaires, ou à une certitude notoire que le muʿtariḍ est tenu de reconnaître sans pouvoir la nier — et le voilà à court. Ainsi l'ilzām va du mustadill au muʿtariḍ, et l'ifḥām du muʿtariḍ au mustadill. »
« Un muʿtariḍ commence par opposer une muʿāraḍa au qiyās du mustadill, puis, débouté, lance : "d'ailleurs, je ne concède même pas que la ʿilla existe dans ton aṣl". Pourquoi cette seconde objection est-elle irrecevable — alors que la séquence inverse, "je ne concède pas l'existence de la ʿilla ; concédé, voici ma muʿāraḍa", est admise selon al-mukhtār ? »