Suite des murajjiḥāt du transmetteur · Degrés de la tazkiya, mémoire et audition, rang du Compagnon · Les critères contestés · Le privilège des Ṣaḥīḥayn
La liste continue — et se fait casuistique. Après les vertus du transmetteur (carte 4), voici les modes de leur établissement : la tazkiya éprouvée par la fréquentation vaut plus que la tazkiya rapportée, « car le khabar est plus faible que la constatation directe » ; la pluralité des muzakkīs départage le ḥadīth de Busra et celui de Ṭalq sur le toucher du membre. Puis la qualité de la saisie : celui qui restitue le lafẓ du Prophète ﷺ (Abū Maḥdhūra et le tarjīʿ de l'adhān), celui qui mentionne la cause de l'énoncé, celui qui s'appuie sur sa mémoire plutôt que sur son cahier — avec le mot de Mālik : « je crains qu'on n'ajoute dans ses livres la nuit » —, celui qui a entendu de vive voix et non derrière un voile (al-Qāsim contre al-Aswad sur l'affranchie Barīra). Puis le rang du Compagnon : les akābir, l'islam tardif (« nous prenions le plus récent », dit Ibn ʿAbbās) — et les critères contestés : la masculinité, que Subkī retient mais que Zarkashī réfute avec al-Kiyā al-Ṭabarī, et la liberté, jugée sans effet. Enfin la proximité du fait — l'acteur de l'affaire en sait plus (Abū Rāfiʿ et Maymūna contre Ibn ʿAbbās) — et le privilège de ce qui figure dans les Ṣaḥīḥayn.
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« On fait [aussi] prévaloir par : la tazkiya acquise par l'épreuve directe ; la pluralité des muzakkīs ; la tazkiya explicite ; la mention de la cause [de l'énoncé] ; l'appui sur sa mémoire ; l'audition de vive voix ; l'appartenance aux grands des Compagnons ; l'islam tardif ; la participation directe au fait ; et ce qui figure dans les deux Ṣaḥīḥs. » (Énumération condensée d'après la suite de la masʾala ; libellé reconstruit.)
Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Taʿādul wa-l-tarājīḥ (suite du tarjīḥ bi-ḥāl al-rāwī) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 364-366
Ce qui frappe dans ces pages du Tashnīf, c'est que chaque considération abstraite s'adosse à un dossier concret de la tradition. La pluralité des muzakkīs ? C'est Busra bint Ṣafwān (le toucher du membre rompt le wuḍūʾ) préférée à Ṭalq b. ʿAlī. La mémoire exacte du lafẓ ? C'est Abū Maḥdhūra : « le Messager d'Allāh ﷺ m'a dicté l'adhān, dix-neuf mots » — contre qui rapporte l'adhān sans tarjīʿ en substance. L'audition de vive voix ? C'est al-Qāsim tenant de sa tante ʿĀʾisha, en face à face, que le mari de Barīra était esclave — préféré à al-Aswad qui entendait derrière le voile. Le rang du Compagnon ? C'est ʿĀʾisha sur le jeûne de celui qui s'éveille junub, préférée à Abū Hurayra. L'acteur du fait ? C'est Abū Rāfiʿ — entremetteur du mariage de Maymūna — et Maymūna elle-même (« il m'a épousée étant ḥalāl », rapporté par Muslim) préférés à Ibn ʿAbbās (« étant muḥrim »). La théorie du tarjīḥ est ainsi, page après page, une relecture raisonnée des grandes controverses du fiqh.
Même verdict : « faible comme le précédent ». Ibn al-Samʿānī : « la liberté n'a aucun effet sur la force du ẓann » — l'esclave pieux et exact transmet aussi bien que l'homme libre. L'item n'est maintenu dans les listes que par fidélité aux sources antérieures, assorti du « ḍaʿīf ».
Traduction : « Huitième [considération] : qu'il soit attesté probe par l'épreuve et la fréquentation — il est alors préféré à celui dont la probité n'est connue que par tazkiya, car le khabar est plus faible que la constatation directe. Neuvième : la pluralité de ceux qui attestent la probité du transmetteur — c'est pourquoi nous avons fait prévaloir le ḥadīth de Busra, sur le toucher du membre, sur le ḥadīth de Ṭalq. »
« Subkī compte la masculinité parmi les murajjiḥāt ; Zarkashī la rejette. Reconstituez l'argument d'al-Kiyā al-Ṭabarī : pourquoi un avantage générique (le genre masculin retiendrait mieux) ne peut-il pas servir de murajjiḥ entre deux riwāyas singulières — et pourquoi le témoignage (shahāda) échappe-t-il à cette objection ? »