بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Ijtihād N°7

الْإِفْتَاءُ وَالِاسْتِفْتَاءُ

Qui peut-on interroger ? · Qui peut répondre sans être mujtahid absolu ? · Quand la fatwā lie-t-elle — et un temps sans mujtahid est-il possible ?

Dernière carte de la Famille B : la rencontre concrète du savant et du commun. Côté mustaftī : qui a-t-on le droit d'interroger ? Celui dont la compétence est connue ou notoire, fût-il juge — jamais l'inconnu (al-majhūl) ; il faut enquêter sur sa science, mais sa droiture apparente suffit, et le ʿāmmī peut même demander le « pourquoi » de la réponse, pour se rassurer. Côté muftī : Subkī ouvre la fatwā, sous conditions, à qui n'est pas mujtahid absolu — le juriste capable de tafrīʿ et de tarjīḥ dans son école. Puis deux questions de vertige : la fatwā reçue lie-t-elle aussitôt, et que faire quand les muftīs divergent ? Et un temps vide de tout mujtahid est-il concevable ? — oui, répond Subkī avec la majorité, contre les Ḥanbalites et Ibn Daqīq al-ʿĪd, mais « cela ne s'est pas produit ». La carte s'achève sur la frontière de la Porte : le taqlīd en uṣūl al-dīn — l'īmān du muqallid est-il valide ? — seuil de la khātima du livre.

وَيَجُوزُ اسْتِفْتَاءُ مَنْ عُرِفَ بِالْأَهْلِيَّةِ، أَوْ ظُنَّ بِاشْتِهَارِهِ بِالْعِلْمِ وَالْعَدَالَةِ وَانْتِصَابِهِ وَالنَّاسُ مُسْتَفْتُونَ، وَلَوْ قَاضِيًا، لَا الْمَجْهُولِ. وَالْأَصَحُّ وُجُوبُ الْبَحْثِ عَنْ عِلْمِهِ، وَالِاكْتِفَاءُ بِظَاهِرِ الْعَدَالَةِ وَبِخَبَرِ الْوَاحِدِ.

« Il est permis de demander la fatwā à celui dont la compétence est connue, ou présumée par sa renommée de science et de droiture et par le fait qu'il est installé [pour la fatwā] tandis que les gens le consultent — fût-il juge — mais non à l'inconnu. L'avis le plus correct : il est obligatoire d'enquêter sur sa science, et l'on se contente de la droiture apparente et du rapport d'un seul. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Ijtihād (al-iftāʾ wa-l-istiftāʾ) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 386-391

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Pourquoi cette masʾala clôt la Famille B

Le taqlīd (carte 5) et le tamadhhub (carte 6) restaient des doctrines ; ici, tout devient procédure : comment le ʿāmmī trouve son savant, le vérifie, l'interroge, et ce qui l'engage une fois la réponse reçue. La masʾala règle aussi le versant institutionnel : la hiérarchie des muftīs sous le mujtahid absolu — le mujtahid d'école (aṣḥāb al-wujūh), puis le juriste « fqīh al-nafs » capable de tafrīʿ et de tarjīḥ — hiérarchie qui décrira pendant des siècles la réalité de l'iftāʾ. Enfin, elle ose la question historique : la terre peut-elle se vider de mujtahids ? Zarkashī convoque ici un dossier impressionnant — les Ḥanbalites et le ḥadīth de la ṭāʾifa ẓāhira, Ibn Daqīq al-ʿĪd et son père Majd al-Dīn, Ibn Burhān dans al-Awsaṭ, et l'aveu vertigineux d'Imām al-Ḥaramayn dans al-Burhān : oui, le temps peut se vider des savants, jusqu'à la fatra. Puis le texte bascule vers les ʿaqāʾid : la frontière de l'uṣūl al-fiqh est atteinte.

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Vocabulaire essentiel

مُفْتٍ / مُسْتَفْتٍ muftī / mustaftī
Celui qui délivre la réponse légale et celui qui la sollicite. La masʾala fixe les conditions du premier et les devoirs de vérification du second.
اِنْتِصَاب intiṣāb
Le fait d'être « installé » publiquement pour la fatwā, les gens le consultant et le tenant en estime — indice suffisant de compétence présumée.
مَجْهُول majhūl
L'inconnu : ni science ni ignorance, ni droiture ni fisq avérés. On ne peut l'interroger — car l'état ordinaire des hommes est de n'être pas savant.
أَصْحَابُ الْوُجُوهِ aṣḥāb al-wujūh
Les juristes d'école capables de dégager des solutions nouvelles (wujūh) sur les principes de leur imām — mujtahids « muqayyad » : ils peuvent donner la fatwā, catégoriquement.
خُلُوُّ الزَّمَانِ khuluww al-zamān
La vacance du temps : une époque sans aucun mujtahid. Possible selon le mukhtār — mais, ajoute Subkī, son avènement n'est pas établi.
فَتْرَة fatra
L'« interruption » : l'état d'une époque où la transmission s'est éteinte. Imām al-Ḥaramayn admet que l'histoire puisse y aboutir — texte cité par Zarkashī.
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Qui interroger — et comment le vérifier

Connu, réputé ou installé — jamais le majhūl
Trois portes d'accès au muftī ; l'enquête obligatoire sur sa science, la suffisance de la droiture apparente et du rapport d'un seul.
Istiftāʾ Vérification

Les trois portes — et l'exclu

  • Peut être interrogé : (a) celui dont l'ahliyya est connue ; (b) celui qu'on présume compétent par sa renommée de science et de droiture ; (c) celui qu'on voit installé pour la fatwā (muntaṣib), les gens le consultant et le vénérant. Et ce, fût-il qāḍī : le juge compétent est comme un autre selon le ṣaḥīḥ — certains lui ont interdit la fatwā dans les affaires contentieuses (muʿāmalāt/aḥkām), et Ibn al-Mundhir la juge seulement makrūh dans les aḥkām.
  • Exclu : al-majhūl. On ne demande pas la fatwā à celui dont on ignore tout. Al-Hindī trouve même le khilāf sur ce point « extrêmement improbable » : pour le témoin ou le rapporteur majhūl, l'islam apparent retient déjà du fisq ; mais rien, chez l'inconnu, n'indique la science — l'état de ʿāmmī est l'aṣl et le plus fréquent, la science est l'exception. (D'où sa distinction : douter de la ʿadāla d'un savant avéré n'est pas comme douter de la science — on ne raisonne pas l'un sur l'autre.)
  • L'enquête (al-aṣaḥḥ) : sur la science, obligation d'enquêter — en interrogeant les gens ; l'istifāḍa (notoriété diffuse) suffit selon ce que la Rawḍa retient des aṣḥāb. Sur la ʿadāla : la droiture apparente suffit (le plus probable des deux iḥtimāls d'al-Ghazālī rapportés par al-Rāfiʿī) — car chez les savants, la droiture est l'état dominant, alors que la science ne l'est pas chez les hommes.
  • Le rapport d'un seul (khabar al-wāḥid) suffit pour attester l'ahliyya — Abū Isḥāq [al-Shīrāzī] : le rapport d'un seul ʿadl est reçu ; al-Nawawī précise : à condition que l'informateur ait le discernement pour distinguer le vrai savant de l'imposteur — non les on-dit du commun, où la supercherie (talbīs) abonde.
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Demander le « pourquoi » — suʾāl ʿan al-maʾkhadh

Le droit du ʿāmmī à l'explication
Le ʿāmmī peut demander au muftī son fondement, pour se rassurer ; le muftī doit l'exposer — si ce fondement n'est pas trop subtil pour lui.
Istirshād Ibn al-Samʿānī

Un taqlīd qui n'est pas un aveuglement

Le matn : وَلِلْعَامِّيِّ سُؤَالُهُ عَنْ مَأْخَذِهِ اسْتِرْشَادًا، ثُمَّ عَلَيْهِ بَيَانُهُ إِنْ لَمْ يَكُنْ خَفِيًّا — « le ʿāmmī peut l'interroger sur son fondement, en quête de guidance ; et il incombe alors [au muftī] de l'exposer, s'il n'est pas subtil ».

  • Le droit du mustaftī : Ibn al-Samʿānī l'explique par la précaution pour soi-même (iḥtiyāṭ) — demander le maʾkhadh n'est pas contester le muftī, c'est affermir sa propre quiétude. Le taqlīd obligatoire n'impose pas la passivité.
  • Le devoir du muftī : si le fondement est tranché (un texte clair, un ijmāʿ), il doit le citer — le ʿāmmī est alors aux portes de la connaissance certaine de la justesse de la réponse.
  • La limite : si le fondement requiert un ijtihād dont la compréhension échappe au ʿāmmī (khafī), le muftī n'est pas tenu de l'exposer — l'explication tronquée désorienterait plus qu'elle n'éclairerait.
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Qui peut donner la fatwā sans être mujtahid absolu ?

La hiérarchie des muftīs
Aṣḥāb al-wujūh : oui, catégoriquement ; le juriste capable de tafrīʿ et tarjīḥ : oui selon l'aṣaḥḥ ; le ʿāmmī qui connaît un statut : non.
Iftāʾ Tafrīʿ

Trois rangs sous le mujtahid absolu

  • 1. Le mujtahid d'école (muqayyad) : il établit de façon autonome le madhhab d'un imām déterminé — c'est la stature des aṣḥāb al-wujūh. Sa fatwā est permise catégoriquement (qaṭʿan).
  • 2. Le faqīh al-nafs : il n'atteint pas le rang des aṣḥāb al-wujūh, mais il est juriste dans l'âme, mémorisant le madhhab, capable de tafrīʿ (dériver les cas) et de tarjīḥ (arbitrer les avis), instruit du maʾkhadh de son imām et y adhérant. Quatre avis : l'aṣaḥḥ — il peut donner la fatwā dans ce madhhab ; le deuxième — interdiction ; le troisième — seulement à défaut de mujtahid ; le quatrième — permis même sans capacité de tafrīʿ et de tarjīḥ, car il n'est alors qu'un transmetteur (nāqil).
  • 3. Le ʿāmmī qui connaît le statut d'un cas avec son dalīl : il ne peut pas en donner la fatwā — c'est l'avis retenu ; d'autres l'ont permis ; d'autres ont distingué : permis si le dalīl est de pure transmission (naqlī), non s'il demande un raisonnement ; ou : permis si son dalīl est du Livre et de la Sunna, sinon non.
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La fatwā reçue : quand lie-t-elle ? Et si les muftīs divergent ?

Du « sans retour » après l'acte aux cinq avis avant l'acte
Après avoir agi : aucun retour, par ijmāʿ. Avant d'agir : cinq positions, d'Ibn al-Samʿānī à Ibn al-Ṣalāḥ, tranchées par al-Nawawī dans la Rawḍa.
Engagement Divergence

Le point fixe et le dégradé

Le point fixe : le ʿāmmī qui a agi sur la parole d'un mujtahid dans un cas donné ne peut plus s'en détourner vers la fatwā d'un autre pour ce cas même — par ijmāʿ, rapporté par Ibn al-Ḥājib, al-Hindī et d'autres. Avant l'acte, en revanche, cinq positions sur le moment où la fatwā devient contraignante :

  • 1. Dès la délivrance de la fatwā — car elle est pour lui ce que le dalīl est au mujtahid ;
  • 2. Dès qu'il commence à agir selon elle (iḥtimāl d'Ibn al-Samʿānī) ;
  • 3. S'il s'y est engagé (iltizām) ;
  • 4. Si elle s'est posée dans son cœur avec le sentiment de sa justesse — Ibn al-Samʿānī la rapporte et finit par la dire « le plus fort des wajhs » ;
  • 5. Ibn al-Ṣalāḥ : s'il n'a trouvé aucun autre muftī, la fatwā le lie sans condition d'engagement ni de quiétude intérieure ; s'il en existe un autre : elle le lie si son auteur s'avère le plus savant et le plus fiable (sur la base du taqlīd du meilleur), sinon non.
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Un temps sans mujtahid ? — khuluww al-zamān

Possible mais non advenu (Subkī)
Les Ḥanbalites le déclarent impossible (la ṭāʾifa ẓāhira) ; Ibn Daqīq al-ʿĪd les rejoint jusqu'aux signes de l'Heure ; Subkī : possible, non advenu.
Histoire Ḥanbalites

Le dossier

  • Le mukhtār de la majorité : une époque peut être vide de tout homme à qui confier la fatwā — mujtahid absolu ou mujtahid d'école. Appui : le ḥadīth « Allah ne retire pas la science en l'arrachant [aux poitrines]… mais en reprenant les savants ».
  • Les Ḥanbalites : impossible — en vertu du ḥadīth : « une partie de ma communauté ne cessera d'être manifeste sur la vérité jusqu'à ce que vienne l'ordre d'Allah ». Réponse : ce texte ne nie pas la possibilité ; tout au plus établit-il la non-survenance.
  • Ibn Daqīq al-ʿĪd (Sharḥ al-ʿUnwān) choisit la thèse ḥanbalite — mais bornée : jusqu'au moment où, à la fin des temps, les fondements eux-mêmes vacilleront. On peut l'étayer ainsi : si le temps se vidait, la communauté s'accorderait à abandonner l'ijtihād, qui est farḍ kifāya — accord sur un délaissement, impensable.
  • Son père, Majd al-Dīn (Talqīḥ al-afhām) : si le mujtahid est devenu rare en ces siècles, ce n'est pas que les instruments de l'ijtihād soient hors d'atteinte — c'est que les hommes, absorbés ailleurs, se détournent du chemin qui y mène.
  • Ibn Burhān (al-Awsaṭ) : prétendre que l'affaiblissement de la sharīʿa est impossible est intenable — le Législateur lui-même a annoncé son déclin et l'effacement de ses repères : l'Heure ne viendra que sur les pires, quand nul sur terre ne dira plus le nom d'Allah.
  • Le verdict de Subkī : jāʾiz (possible)… lākin lam yaqaʿ — mais cela ne s'est pas produit : les preuves invoquées par les Ḥanbalites prouvent exactement cela, la non-survenance.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Zarkashī exhume l'aveu d'Imām al-Ḥaramayn dans al-Burhān : oui, le temps peut se vider des savants — jusqu'à la fatra.
Sharḥ Juwaynī

Le passage du Tashnīf — Imām al-Ḥaramayn dans al-Burhān

وَالَّذِي نَرْتَضِيهِ وَهُوَ الْحَقُّ أَنَّهُ يَجُوزُ انْحِطَاطُهُمْ، بَلْ يَجُوزُ شُغُورُ الزَّمَانِ عَنِ الْعُلَمَاءِ، وَتَعْطِيلُ الشَّرِيعَةِ، وَانْتِهَاءُ الْأَمْرِ إِلَى الْفَتْرَةِ.

Traduction : « Ce que nous agréons — et c'est la vérité — est qu'il est possible que [les savants d'une époque] déclinent ; bien plus, il est possible que le temps se vide des savants, que la sharīʿa soit laissée en friche, et que l'affaire aboutisse à la fatra. » — Imām al-Ḥaramayn l'écrit au chapitre de l'ijmāʿ du Burhān, à propos du déclin des savants d'une époque au-dessous du seuil du tawātur, en annonçant un traitement complet « au livre de la fatwā ».

Ce que Zarkashī fait de ce texte

  • Une généalogie : la position « médiane » d'Ibn Daqīq al-ʿĪd, qui semblait neuve, avait donc déjà son contrepoint chez al-Juwaynī — et Ibn Burhān, dans al-Awsaṭ, prolongeait le maître : dire le déclin impossible « est absurde » (hādhā muḥāl), puisque les textes l'annoncent.
  • L'argument scripturaire d'Ibn Burhān : deux ḥadīths joints — l'Heure ne se lèvera pas tant qu'il restera sur terre quelqu'un pour dire le nom d'Allah (donc elle se lèvera après l'extinction) ; et : Allah reprend la science en reprenant les savants. La vacance finale est donc écrite.
  • L'équilibre de Subkī : entre l'optimisme ḥanbalite (jamais de vacance) et le réalisme juwaynien (la fatra viendra), le matn tient les deux bouts : la vacance est possible — la foi en la promesse n'exige pas l'impossibilité métaphysique — mais elle n'est pas advenue : l'histoire de la umma, jusqu'ici, n'a pas connu de temps sans porteur de la ḥujja.
6

La frontière — le taqlīd en uṣūl al-dīn

L'īmān du muqallid : seuil de la khātima
Subkī passe du fiqh à la ʿaqīda : la foi de celui qui croit « par taqlīd » est-elle valide ? Le taḥqīq : le jazm suffit, le doute non.
Transition Īmān

Le dernier pas de la Porte

Ayant achevé les masāʾil d'uṣūl al-fiqh, Subkī franchit la frontière : et le taqlīd dans les croyances ? Trois positions classiques : interdiction (le jumhūr — ﴾ Sache qu'il n'est de divinité qu'Allah ﴿ ordonne la connaissance, et le Qurʾān blâme « nous avons trouvé nos pères sur une voie ») ; permission (rapportée d'al-ʿAnbarī — les Salaf recevaient la double shahāda sans jamais demander : « as-tu examiné les preuves ? ») ; obligation du taqlīd et interdiction du naẓar (deux groupes, craignant que la spéculation n'égare).

  • L'attribution à al-Ashʿarī de la thèse « l'īmān du muqallid n'est pas valide » est dénoncée par al-Qushayrī comme « mensonge et forgerie », issue des insinuations des Karrāmites.
  • Le taḥqīq de Subkī : tout dépend du sens de « taqlīd ». Si c'est adopter la parole d'autrui avec la possibilité résiduelle d'un doute ou d'une illusion — cela ne suffit pas pour l'īmān. Si c'est une adhésion tranchée et ferme (jazm) — cela suffit, et nul ne l'a niée hormis Abū Hāshim le muʿtazilite.
  • Le ḥadīth de la servante (Ṣaḥīḥ Muslim) : « Où est Allah ? — Au ciel. — Qui suis-je ? — Tu es le Messager d'Allah. — Affranchis-la : elle est croyante. » Le Prophète ﷺ ne lui demanda pas d'où elle le savait : la foi ferme suffit, sans démonstration en forme. Ibn ʿAbd al-Salām (al-Qawāʿid) : pour le commun, cette adhésion tient lieu de la science exigée de l'élite — leur imposer la démonstration serait une charge écrasante.
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À retenir

5 principes essentiels
L'iftāʾ en cinq lignes — clôture de la Famille B.
  • On interroge celui qui est connu, réputé ou installé pour la fatwā — fût-il juge — jamais le majhūl ; enquête obligatoire sur la science, la droiture apparente et le rapport d'un seul suffisent
  • Le ʿāmmī peut demander le maʾkhadh (istirshādan) ; le muftī doit l'exposer s'il n'est pas trop subtil
  • Peut donner la fatwā sans être mujtahid absolu : les aṣḥāb al-wujūh (qaṭʿan) et, selon l'aṣaḥḥ, le juriste capable de tafrīʿ et de tarjīḥ dans son madhhab
  • Après avoir agi sur une fatwā : aucun retour (ijmāʿ) ; avant l'acte : cinq avis — al-Nawawī : elle lie d'emblée seulement s'il n'existe pas d'autre muftī
  • Un temps vide de mujtahid est possible (contre les Ḥanbalites) « mais ne s'est pas produit » ; et à la frontière des ʿaqāʾid : l'īmān ferme (jazm) du muqallid est valide — seul Abū Hāshim l'a nié
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise — clôture de la Famille B.

Question

« Pourquoi exige-t-on d'enquêter sur la science du muftī alors qu'on se contente de sa droiture apparente ? Et pourquoi al-Hindī refuse-t-il qu'on raisonne le cas du majhūl en science sur le modèle du majhūl en ʿadāla (comme on le fait pour le rapporteur de ḥadīth) ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
QUI ?
connu · réputé · installé
jamais le majhūl
2
VÉRIFIER
ʿilm oui, ʿadāla non
la science est l'exception
3
FATWĀ AGIE
sans retour
ijmāʿ — pour ce cas même
4
ZAMĀN
vide possible
« lākin lam yaqaʿ »