بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°3

الْبَسْمَلَةُ وَدَلَالَاتُ الْكِتَابِ

La basmala est-elle un verset ? · Āya ḥukman lā qaṭʿan · Pas d'énoncé sans sens, pas d'écart au ẓāhir sans dalīl · Les preuves textuelles et le yaqīn

Dernière carte de la Famille A. D'abord le cas-école de la transmission : la basmala — verset de la Fātiḥa sans divergence chez les Shāfiʿites, verset au début de chaque sourate sauf Barāʾa selon le Ṣaḥīḥ, mais avec la qualification décisive d'al-Māwardī : verset ḥukman lā qaṭʿan, « en droit, non en certitude absolue ». Suivent trois principes sur la nature de l'énoncé coranique : pas de parole dénuée de sens (contre les Ḥashwiyya) ; pas de sens contraire au ẓāhir sans dalīl (contre les Murjiʾa) ; et le mujmal resté sans explicitation après la mort du Prophète ﷺ — trois avis. Enfin la question épistémologique qui clôt le chapitre : les preuves textuelles (adilla naqliyya) peuvent-elles produire la certitude ? Subkī répond : oui — lorsque s'y adjoint un tawātur ou d'autres indices.

وَمِنْهُ الْبَسْمَلَةُ فِي أَوَّلِ كُلِّ سُورَةٍ غَيْرِ «بَرَاءَةَ» عَلَى الصَّحِيحِ. وَلَا يَجُوزُ وُرُودُ مَا لَا مَعْنَى لَهُ فِي الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ خِلَافًا لِلْحَشْوِيَّةِ، وَلَا مَا يُعْنَى بِهِ غَيْرُ ظَاهِرِهِ إِلَّا بِدَلِيلٍ خِلَافًا لِلْمُرْجِئَةِ. وَفِي بَقَاءِ الْمُجْمَلِ غَيْرَ مُبَيَّنٍ، ثَالِثُهَا الْأَصَحُّ: لَا يَبْقَى الْمُكَلَّفُ بِمَعْرِفَتِهِ. وَالْحَقُّ أَنَّ الْأَدِلَّةَ النَّقْلِيَّةَ قَدْ تُفِيدُ الْيَقِينَ بِانْضِمَامِ تَوَاتُرٍ أَوْ غَيْرِهِ.

« En fait partie la basmala, au début de chaque sourate hormis "Barāʾa", selon le Ṣaḥīḥ. Et il n'est pas admissible que figure, dans le Kitāb et la Sunna, un énoncé dénué de sens — contrairement aux Ḥashwiyya — ni un énoncé dont le sens visé contredit son ẓāhir, sauf dalīl — contrairement aux Murjiʾa. Sur la persistance du mujmal sans explicitation, [trois avis,] dont le troisième est le plus correct : ne demeure pas [non explicité] ce que le mukallaf est chargé de connaître. Et la vérité est que les preuves textuelles peuvent produire la certitude lorsque s'y adjoint un tawātur ou autre chose. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (al-basmala wa-dalālāt al-Kitāb) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 65-68

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La basmala, cas-école de toute la Famille A

Pourquoi la basmala passionne-t-elle les uṣūliyyūn ? Parce qu'elle teste à la fois la définition du Qurʾān (carte 1) et la règle du tawātur (carte 2). Elle est écrite dans tous les maṣāḥif, en tête de chaque sourate, de la main des Compagnons qui — par ijmāʿ — n'écrivaient dans le muṣḥaf rien qui ne fût du Qurʾān. Et pourtant les savants divergent sur son statut : verset ? partie de verset ? simple séparateur ? Le génie de la solution shāfiʿite, formulée par al-Māwardī, est de dissocier deux plans : la basmala est verset ḥukman — en droit : la prière n'est pas valide sans elle en tête de la Fātiḥa — mais non qaṭʿan — pas avec la certitude absolue qui fait que nier une lettre du Qurʾān est kufr. D'où ce double garde-fou : on n'excommunie pas qui la nie, et l'on ne taxe pas d'erreur grossière qui l'affirme. Ibn al-Samʿānī en donne l'analogie lumineuse : le Ḥijr fait partie de la Kaʿba par des preuves qui obligent à l'action (l'inclure dans le ṭawāf) sans produire la science certaine. L'appartenance « pratique » n'est pas l'appartenance « scientifique ».

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Vocabulaire essentiel

حُكْمًا لَا قَطْعًا ḥukman lā qaṭʿan
« En droit, non en certitude » : la basmala est traitée comme verset pour les règles pratiques, sans le statut de certitude qui entraînerait le takfīr du négateur.
حَشْوِيَّة Ḥashwiyya
Courant littéraliste (prononcer avec sukūn, note Ibn al-Ṣalāḥ) admettant l'existence dans le texte d'énoncés dénués de sens — comme les lettres isolées.
الْحُرُوف الْمُقَطَّعَة al-ḥurūf al-muqaṭṭaʿa
Les lettres isolées en tête de sourates (kāf-hāʾ-yāʾ-ʿayn-ṣād…) ; selon le Ṣaḥīḥ, ce sont des noms des sourates — donc porteuses de sens.
ظَاهِر ẓāhir
Le sens apparent, prépondérant, d'un énoncé : on ne peut viser autre chose que lui sans dalīl — sinon l'énoncé serait comme muhmal (vide).
مُجْمَل mujmal
Énoncé global dont le sens visé n'est pas déterminé par lui-même ; la question : peut-il rester sans explicitation (bayān) après la mort du Prophète ﷺ ?
قَرَائِن qarāʾin
Indices contextuels qui, joints au texte, écartent les hypothèses (majāz, ishtirāk, naql…) et hissent la preuve textuelle du ẓann au yaqīn.
1

La basmala : les positions en présence

« وَمِنْهُ الْبَسْمَلَةُ »
Verset de la Fātiḥa sans khilāf chez les Shāfiʿites ; des autres sourates sauf Barāʾa selon le aẓhar ; verset séparateur indépendant selon al-Rāzī le Ḥanafite.
Positions Basmala

La carte des avis

  • Verset au début de la Fātiḥa : sans divergence « chez nous » (les Shāfiʿites), dit Zarkashī.
  • Au début des autres sourates (sauf Barāʾa) : verset également, selon le plus manifeste (aẓhar) des deux avis d'al-Shāfiʿī. Le second avis — elle n'en est pas du tout — a été attribué par certains aux trois autres imams : c'est le « muqābil al-Ṣaḥīḥ » du matn.
  • Verset complet ou partie de verset ? Si elle est du Qurʾān, le mashhūr la tient pour un verset complet ; un avis : partie de verset (Ibn al-Rifʿa rapporte même une distinction selon la finale de la sourate précédente).
  • L'avis ḥanafite d'Abū Bakr al-Rāzī (al-Jaṣṣāṣ) : la basmala est un verset indépendant, révélé pour séparer les sourates, sans appartenir à aucune — rapporté par Ibn al-Samʿānī dans al-Iṣṭilām.
2

« Āya ḥukman lā qaṭʿan » — le statut décisif

Al-Māwardī, Imām al-Ḥaramayn, Ibn al-Samʿānī
Verset en droit, non en certitude : pas de takfīr du négateur, et le khabar wāḥid entouré de qarāʾin suffit à l'établir.
Statut Ḥukman

Pourquoi pas « qaṭʿan » ?

La lettre du matn pourrait laisser croire à une coranicité certaine, comme le reste du Livre. Zarkashī corrige : c'est un avis marjūḥ. Le jumhūr, dit al-Māwardī, la tient pour verset ḥukman lā qaṭʿan — à cause de la divergence même des savants. « Ḥukman » signifie : la prière n'est valide qu'avec elle au début de la Fātiḥa.

  • Imām al-Ḥaramayn fustige la prétention à la certitude : « énorme balourdise » (ghabāwa ʿaẓīma) — car prétendre au savoir certain sans preuve certaine est impossible.
  • Le test du takfīr : al-Nawawī établit qu'on n'excommunie pas le négateur de la basmala — par ijmāʿ. Or si elle était Qurʾān qaṭʿan, le nier serait kufr. Preuve par l'absurde du statut « ḥukman ».
  • Comment l'établit-on alors ? Si elle est verset « ḥukman », le khabar wāḥid suffit — comme pour les autres aḥkām. Le shaykh de Zarkashī, Bahāʾ al-Dīn ibn ʿAqīl, affine : l'établir comme Qurʾān requiert bien un qāṭiʿ, mais ce qāṭiʿ peut être un khabar wāḥid entouré de qarāʾin — l'ijmāʿ sur son écriture dans tous les maṣāḥif à l'encre du Qurʾān ; et le négateur n'est pas excommunié, car cette certitude naît d'indices que lui n'a pas réunis.
  • L'analogie d'Ibn al-Samʿānī : elle est du Qurʾān ʿamalan lā ʿilman — pour l'action, non pour la science — comme le Ḥijr fait partie du Bayt par des preuves qui obligent au ṭawāf sans produire le savoir certain. « L'un des plus précieux acquis de ce chapitre », commente Zarkashī : l'ishkāl se dissipe et le soupçon de takfīr s'éteint des deux côtés.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
La meilleure preuve selon Zarkashī : l'écriture dans le muṣḥaf et l'ijmāʿ des Compagnons sur ce qui se trouve entre les deux couvertures.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — l'argument du muṣḥaf

وَعُمْدَتُنَا ثُبُوتُهَا فِي سَوَادِ الْمُصْحَفِ أَوَّلَ كُلِّ سُورَةٍ، وَقَدْ أَجْمَعَ الصَّحَابَةُ عَلَى أَنَّهُ لَا يُكْتَبُ فِي الْمُصْحَفِ مَا لَيْسَ بِقُرْآنٍ، وَأَنَّ مَا بَيْنَ الدَّفَّتَيْنِ كَلَامُ اللَّهِ تَعَالَى، قَالَهُ الْقَاضِي الْحُسَيْنُ وَالْغَزَالِيُّ وَالنَّوَوِيُّ وَغَيْرُهُمْ، وَهُوَ أَحْسَنُ الْأَدِلَّةِ.

Traduction : « Notre appui [pour le statut coranique de la basmala], c'est sa présence dans l'écriture du muṣḥaf au début de chaque sourate ; or les Compagnons ont fait consensus sur ceci : on n'écrit pas dans le muṣḥaf ce qui n'est pas du Qurʾān, et ce qui se trouve entre les deux couvertures est parole de Dieu le Très-Haut. Ainsi l'ont dit al-Qāḍī al-Ḥusayn, al-Ghazālī, al-Nawawī et d'autres — et c'est la meilleure des preuves. »

Ce que ce passage verrouille

  • Un argument matériel, pas spéculatif : ni ḥadīth disputé ni calcul de versets, mais le fait massif de l'écriture — adossé à un double ijmāʿ des Compagnons (rien d'étranger dans le muṣḥaf ; tout l'entre-deux-couvertures est kalām Allāh).
  • Sa juste portée : il fonde le statut « ḥukman » — l'obligation de traiter la basmala comme du Qurʾān — sans conférer le qaṭʿ absolu, puisque la divergence des savants demeure : exactement l'espace qu'occupe la formule d'al-Māwardī.
  • Cohérence avec la carte 2 : avec la thèse d'Ibn ʿAqīl (khabar muḥtaff bil-qarāʾin), il montre comment des indices convergents produisent, pour qui les réunit, une quasi-certitude — sans autoriser le takfīr de qui ne les réunit pas.
3

Pas d'énoncé dénué de sens — contre les Ḥashwiyya

« مَا لَا مَعْنَى لَهُ »
Un lafẓ sans sens serait du délire indigne d'un sage — à plus forte raison du Créateur ; les lettres isolées et les « têtes de démons » expliquées.
Principe Ḥashwiyya

Le débat et ses pièces

Les Ḥashwiyya soutiennent qu'un énoncé sans signification peut figurer — et figure — dans le Kitāb et la Sunna : les lettres isolées en tête des sourates, ou « comme des têtes de démons » (al-Ṣāffāt, 65). Réponse du Ṣaḥīḥ : impossible — un énoncé sans sens est un hadhayān (délire) qui ne sied pas à un être raisonnable ; qu'en serait-il du Créateur, exalté soit-Il ?

  • Les ḥurūf muqaṭṭaʿa : selon le Ṣaḥīḥ, ce sont des noms des sourates — donc des énoncés signifiants.
  • « Têtes de démons » : les Arabes ont coutume de forger des images sur ce qu'ils se représentent comme hideux et repoussant — la comparaison signifie, même sans référent observable.
  • Le tafṣīl d'Ibn Burhān (al-Wajīz) : dans le discours porteur de taklīf, l'inintelligible est impossible ; dans ce qui n'emporte pas de taklīf, il est admissible — d'où trois madhāhib au total.
  • Le tanbīh décisif de Zarkashī : le vrai khilāf avec les Ḥashwiyya porte sur ce qui a un sens que nous ne saisissons pas (lettres isolées, versets des attributs) — eux disent : nulle voie pour l'atteindre. Quant à ce qui n'aurait aucun sens, son impossibilité dans la parole de Dieu fait l'accord des gens de raison.
  • Note d'érudition : on prononce Ḥashwiyya avec sukūn sur le shīn, corrige Ibn al-Ṣalāḥ — le fatḥ répandu est fautif. L'extension de la règle au ḥadīth vient du Maḥṣūl d'al-Rāzī — al-Iṣfahānī dit ne l'avoir vue chez nul autre.
4

Pas de sens contraire au ẓāhir sans dalīl — contre les Murjiʾa

« وَلَا مَا يُعْنَى بِهِ غَيْرُ ظَاهِرِهِ إِلَّا بِدَلِيلٍ »
Sans dalīl, un énoncé visant autre chose que son apparent serait comme muhmal ; le dalīl réserve la porte du taʾwīl légitime.
Principe Ẓāhir

L'argument et la réserve

  • La thèse murjiʾite : il serait admissible que la parole de Dieu vise autre chose que son sens apparent sans aucune indication — ce qui leur permet de neutraliser les textes de menace (waʿīd) contre le pécheur.
  • La réfutation : un énoncé ne signale pas, par lui-même, un sens autre que son ẓāhir ; viser ce sens caché sans indication, c'est rendre l'énoncé semblable au muhmal — un son vide. La communication s'effondre, et avec elle la fonction même de la révélation.
  • La réserve « illā bi-dalīl » : elle préserve l'appareil légitime de la lecture savante — ʿāmm suivi de takhṣīṣ retardé, majāz signalé par une qarīna, taʾwīl appuyé. Zarkashī note que « fīhimā » eût mieux marqué que la règle vaut pour le Kitāb et la Sunna.
  • Le mot d'al-Shāfiʿī (al-Risāla) : la parole du Messager de Dieu ﷺ se prend sur son ẓāhir — tant qu'un dalīl n'en détourne pas.
5

Le mujmal peut-il rester sans bayān ?

Trois avis, un tafṣīl
Après la mort du Prophète ﷺ, demeure-t-il dans le Qurʾān du mujmal inexpliqué ? L'aṣaḥḥ distingue selon le taklīf.
Mujmal Bayān

Les trois positions

  • Premier avis — impossible : rien ne peut rester mujmal après la mort du Prophète ﷺ, car Dieu a déclaré la religion parachevée (« aujourd'hui J'ai parachevé pour vous votre religion ») ; un texte normatif inexpliqué serait une lacune.
  • Deuxième avis — possible : rien n'interdit qu'un énoncé reste global, dès lors qu'aucune action n'en dépend.
  • Troisième avis — l'aṣaḥḥ, le tafṣīl d'Imām al-Ḥaramayn : ce qui emporte un taklīf ne peut rester sans bayān — sinon on chargerait le mukallaf de l'impossible (taklīf mā lā yuṭāq : agir selon un sens qu'on ne peut connaître) ; ce qui n'emporte pas de taklīf peut rester mujmal. C'est le sens du matn : « ne demeure pas [non explicité] ce que le mukallaf est chargé de connaître ».
6

Les preuves textuelles produisent-elles la certitude ?

« قَدْ تُفِيدُ الْيَقِينَ بِانْضِمَامِ تَوَاتُرٍ أَوْ غَيْرِهِ »
Entre Ḥashwiyya (toujours) et négateurs (jamais), Subkī tient le juste milieu d'al-Āmidī : oui, quand les qarāʾin écartent les dix obstacles.
Épistémologie Yaqīn

Les trois madhāhib

  • Elles le produisent absolument : position que l'Āmidī (Abkār al-afkār) rapporte des Ḥashwiyya — jusqu'à dire que rien ne se sait hors du Kitāb et de la Sunna.
  • Elles ne le produisent jamais : car la preuve verbale dépend de conditions non certaines — et ce qui dépend du non-certain n'est pas certain. Quatre conditions : (1) fiabilité absolue des transmetteurs (ou tawātur) ; (2) justesse de l'iʿrāb et de la morphologie ; (3) absence d'ishtirāk, de majāz, de takhṣīṣ, d'iḍmār, de taqdīm et taʾkhīr ; (4) absence d'opposant rationnel. Or ces conditions, disent-ils, ne se réunissent presque jamais.
  • Le ḥaqq — choix de Subkī avec al-Āmidī et al-Rāzī : ces conditions réunies, la preuve textuelle produit le yaqīn par accord ; et même sans cela, des éléments connus par tawātur peuvent s'adjoindre à elle et écarter les hypothèses adverses — alors elle produit la certitude. D'où le matn : « bi-inḍimām tawātur aw ghayrih ».

Quand l'iʿrāb fait dévier le sens — trois exemples célèbres

Pourquoi la condition grammaticale n'est-elle pas une chicane d'école ? Parce qu'une voyelle décide parfois d'un dogme ou d'un ḥukm :

  • « مَا تَرَكْنَا صَدَقَةٌ / صَدَقَةً » — au rafʿ : « ce que nous laissons est aumône » ; au naṣb : tout autre lecture — débat entre sunnites et shīʿites sur l'héritage prophétique.
  • « فَحَجَّ آدَمُ مُوسَى » — qui de Ādam ou de Mūsā l'emporte dans la controverse dépend du rafʿ et du naṣb — débat avec les Qadarites.
  • « ذَكَاةُ الْجَنِينِ ذَكَاةُ أُمِّهِ » — au rafʿ : la dhakāt de la mère vaut pour le fœtus (Shāfiʿites) ; au naṣb : il faut l'égorger comme sa mère (Ḥanafites).
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À retenir

5 principes essentiels
La clôture de la Famille A — avant d'entrer dans le manṭūq et le mafhūm.
  • La basmala est verset de la Fātiḥa sans khilāf chez les Shāfiʿites, et de chaque sourate sauf Barāʾa selon le Ṣaḥīḥ — mais ḥukman lā qaṭʿan (al-Māwardī) : ni takfīr du négateur, ni « énormité » de l'affirmateur
  • La meilleure preuve : l'écriture dans le sawād al-muṣḥaf + le double ijmāʿ des Compagnons — un khabar entouré de qarāʾin (Ibn ʿAqīl) ; analogie du Ḥijr : appartenance ʿamalan lā ʿilman (Ibn al-Samʿānī)
  • Aucun énoncé sans sens dans le Kitāb et la Sunna (vs Ḥashwiyya) : les lettres isolées sont des noms de sourates ; le vrai débat porte sur le sens existant mais non saisi
  • Aucun sens contraire au ẓāhir sans dalīl (vs Murjiʾa) : sinon l'énoncé serait comme muhmal — règle-socle du futur chapitre manṭūq/mafhūm
  • Le mujmal ne demeure pas inexpliqué dans le domaine du taklīf (aṣaḥḥ) ; et les adilla naqliyya produisent le yaqīn quand tawātur ou qarāʾin écartent les hypothèses adverses
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise — clôture de la Famille A.

Question

« La carte 2 a posé : pas de Qurʾān sans tawātur. La basmala, elle, est établie comme verset alors que les savants divergent à son sujet. Comment la formule "āya ḥukman lā qaṭʿan" résout-elle cette tension — et pourquoi interdit-elle à la fois d'excommunier celui qui nie la basmala et de blâmer celui qui l'affirme ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
BASMALA
āya ḥukman
sawād al-muṣḥaf + ijmāʿ
2
MAʿNĀ
toujours du sens
vs Ḥashwiyya · ḥurūf = noms
3
ẒĀHIR
sauf dalīl
vs Murjiʾa · sinon muhmal
4
YAQĪN
naqlī + qarāʾin
4 conditions · tawātur aw ghayruh