بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Kitāb N°33

الِاسْتِثْنَاءُ

L'exception, reine des mukhaṣṣiṣāt jointes · Conditions, limites, retombées · De « lā ilāha illā Allāh » au verset du qadhf

Premier des cinq mukhaṣṣiṣāt muttaṣila, l'istithnāʾ est défini par Subkī comme l'extraction (ikhrāj) opérée « par illā ou l'une de ses sœurs, venant d'un seul locuteur ». Suivent les règles qui font de ce chapitre l'un des plus pratiqués du droit — serments, divorces, aveux en dépendent : l'exception doit être jointe au discours (contre l'avis prêté à Ibn ʿAbbās qui l'admettrait un mois, un an, voire toujours après) ; elle ne peut tout engloutir (« dix sauf dix » est nul) ; elle peut en revanche retrancher la majorité (« dix sauf neuf ») malgré les grammairiens de Baṣra ; l'exception d'une négation affirme — c'est tout le tawḥīd de « lā ilāha illā Allāh » — contre Abū Ḥanīfa ; et l'exception qui suit plusieurs phrases coordonnées revient à toutes chez les Shāfiʿites, à la dernière seulement chez les Ḥanafites : le verset du qadhf en est le champ de bataille. Al-Zarkashī déploie pour chaque masʾala la mécanique grammaticale et les retombées de fiqh.

الْأَوَّلُ: الِاسْتِثْنَاءُ، وَهُوَ الْإِخْرَاجُ بِإِلَّا أَوْ إِحْدَى أَخَوَاتِهَا مِنْ مُتَكَلِّمٍ وَاحِدٍ، وَيَجِبُ اتِّصَالُهُ عَادَةً، وَلَا يَجُوزُ الْمُسْتَغْرَقُ خِلَافًا لِشُذُوذٍ، وَالِاسْتِثْنَاءُ مِنَ النَّفْيِ إِثْبَاتٌ وَبِالْعَكْسِ خِلَافًا لِأَبِي حَنِيفَةَ، وَالْمُتَعَدِّدَةُ إِنْ تَعَاطَفَتْ فَلِلْأَوَّلِ وَإِلَّا فَكُلٌّ لِمَا يَلِيهِ مَا لَمْ يَسْتَغْرِقْهُ، وَالْوَارِدُ بَعْدَ جُمَلٍ مُتَعَاطِفَةٍ لِلْكُلِّ.

« Le premier [mukhaṣṣiṣ joint] : l'istithnāʾ — l'extraction par "illā" ou l'une de ses sœurs, venant d'un seul locuteur. Sa jonction [au discours] est obligatoire selon l'usage. L'exception englobante n'est pas valide, n'en déplaise à un avis isolé. L'exception d'une négation est une affirmation, et inversement — contrairement à Abū Ḥanīfa. Les exceptions multiples : coordonnées, elles reviennent à la première [base] ; sinon chacune porte sur ce qui la précède immédiatement, tant qu'elle ne l'engloutit pas. Et celle qui survient après des phrases coordonnées vaut pour toutes. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Kitāb (al-istithnāʾ) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 180-186

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Une masʾala aux retombées immédiates

Aucun chapitre des mukhaṣṣiṣāt n'irrigue autant le fiqh appliqué : l'aveu (« il a sur moi dix dirhams sauf trois »), le divorce (« tu es répudiée trois fois sauf une »), l'affranchissement et le serment se jouent sur ces règles. C'est pourquoi al-Zarkashī double presque chaque règle uṣūlienne d'un cas du Rāfiʿī ou de la Rawḍa. La masʾala porte aussi un enjeu théologique : si l'exception tirée d'une négation n'affirmait pas, la formule « lā ilāha illā Allāh » ne serait pas une profession d'unicité — argument massue du jumhūr contre la thèse ḥanafite du « maskūt ʿanhu ». Enfin, le débat sur l'exception après plusieurs phrases décide du sort du faux accusateur (qādhif) repentant : pour les Shāfiʿites, ﴾إِلَّا الَّذِينَ تَابُوا﴿ revient à toutes les phrases du verset — la tawba lui rend son témoignage ; pour les Ḥanafites, elle ne touche que la dernière — il reste récusé à vie.

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Vocabulaire essentiel

اِسْتِثْنَاء istithnāʾ
« Exception ». Extraction par illā ou ses sœurs (khalā, ʿadā, ḥāshā...), d'un seul locuteur.
اِتِّصَال ittiṣāl
« Jonction » : l'exception doit suivre la base sans rupture, selon l'usage — une respiration ou une toux n'y font rien.
مُسْتَغْرَق mustaghraq
Exception « englobante » qui dévore toute la base (« dix sauf dix ») : nulle par quasi-consensus.
مُنْقَطِع munqaṭiʿ
Exception « disjointe », portant sur un autre genre (« personne dans la maison, sauf un âne ») : majāz pour la plupart.
جُمَل مُتَعَاطِفَة jumal mutaʿāṭifa
Phrases coordonnées précédant l'exception : revient-elle à toutes ou à la dernière ? Cœur du désaccord shāfiʿite-ḥanafite.
مُفَرَّغ mufarragh
Exception « vidée », sans base exprimée (« mā qāma illā Zayd ») : là, l'affirmation s'impose de toute nécessité.
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Définition et conditions de validité

Illā et ses sœurs · un seul locuteur · ittiṣāl
L'exception doit être formulée par une adāt, venir du même locuteur, et suivre la base sans rupture — contre les délais prêtés à Ibn ʿAbbās.
Conditions Ittiṣāl

Trois conditions emboîtées

  • Une adāt d'exception : illā — mère de toutes — ou ses sœurs (khalā, ʿadā, ḥāshā...). Celui qui dit « j'ai mille envers lui, je retranche cent » sans adāt : deux avis dans le Ḥāwī d'al-Māwardī — valide car il a explicité le statut, ou nul car il n'a fait que promettre une exception.
  • Un seul locuteur : si Allāh dit ﴾فَاقْتُلُوا الْمُشْرِكِينَ﴿ et que le Prophète ﷺ enchaîne « sauf les dhimmīs », c'est pour les uns un mukhaṣṣiṣ munfaṣil, pour d'autres un istithnāʾ joint — le statut du Prophète ﷺ, simple transmetteur de la volonté divine, autorisant l'assimilation. Le Qāḍī Abū Bakr exige l'unité du locuteur parce qu'un « kalām » ne se compose pas à deux voix ; Ibn Mālik le conteste.
  • L'ittiṣāl selon l'usage : sans cette exigence, nul affranchissement, nul divorce, nul parjure ne serait jamais stable — on pourrait toujours « excepter » après coup. La respiration, la toux, n'interrompent pas la jonction.
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L'interdit du mustaghraq — et l'exception de la majorité

Dix sauf dix : nul · Dix sauf neuf : valide
L'exception ne peut engloutir toute la base ; elle peut en retrancher la majorité — contre les grammairiens de Baṣra et les Ḥanbalites.
Limites Istighrāq

Le mustaghraq est nul

« Dix sauf dix », « tuez les associateurs sauf les associateurs » : nul — l'istithnāʾ est une espèce du takhṣīṣ, et le takhṣīṣ ne peut abolir la totalité de ce qui précède. Al-Āmidī et Ibn al-Ḥājib y revendiquent l'ijmāʿ ; le « shudhūdh » visé par Subkī est l'avis rapporté par al-Qarāfī d'Ibn Ṭalḥa sur « tu es répudiée trois fois sauf trois ».

  • Exception en chaîne : « dix sauf dix sauf trois » — trois avis : tout est dû (le premier istithnāʾ est nul) ; trois sont dus — l'avis correct : l'istithnāʾ du tout n'est nul que si l'on s'y arrête ; sept sont dus (le premier istithnāʾ tombe et le second porte sur la base).

L'exception de la majorité

  • Grammairiens de Baṣra (et le Qāḍī) : on n'excepte que moins de la moitié.
  • Beaucoup d'uṣūliyyūn — et le matn : valide ; « j'ai dix envers lui sauf neuf » oblige à un dirham. Argument : le takhṣīṣ peut retrancher la majorité des individus du ʿāmm ; pourquoi pas l'istithnāʾ ?
  • Ḥanbalites : distinction — interdit si le nombre est explicite (« dix sauf neuf »), permis sinon (« prends ces dirhams sauf ceux du sac », même si le sac contient le plus).
  • Le verset-preuve : ﴾إِلَّا عِبَادَكَ مِنْهُمُ الْمُخْلَصِينَ﴿ face à ﴾إِلَّا مَنِ اتَّبَعَكَ مِنَ الْغَاوِينَ﴿ — quel que soit le groupe majoritaire, l'un des deux versets excepte le plus grand nombre. Réponses des Baṣriens : dans chaque verset c'est le moindre qui est excepté (les anges sont des serviteurs non égarés), ou le second istithnāʾ est munqaṭiʿ au sens de « lākin ».
  • Même admise, elle est laide : nul désaccord sur le caractère détestable (mustakrah) d'excepter le plus, et sur l'élégance d'excepter le peu — Ibn Fāris.
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
L'exception d'une négation affirme : sinon « lā ilāha illā Allāh » ne serait pas un tawḥīd. Réfutation de la thèse ḥanafite du maskūt ʿanhu.
Sharḥ Zarkashī

Le passage du Tashnīf — nafy et ithbāt

الِاسْتِثْنَاءُ مِنَ النَّفْيِ إِثْبَاتٌ عِنْدَنَا، لِأَنَّ الِاسْتِثْنَاءَ ضِدُّ الْمُسْتَثْنَى مِنْهُ، وَهُوَ مَذْهَبُ نُحَاةِ الْبَصْرَةِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَيْسَ بِإِثْبَاتٍ بَلْ هُوَ مَسْكُوتٌ عَنْهُ... وَالْحَقُّ مَذْهَبُ الْجُمْهُورِ، لِأَنَّ قَوْلَنَا: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، تَوْحِيدٌ وَإِثْبَاتٌ لِلْإِلَهِ، فَلَوْ لَمْ يَكُنِ الْمُسْتَثْنَى مِنَ النَّفْيِ مُثْبَتًا لَمْ يَكُنْ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، تَوْحِيدًا.

Traduction : « L'exception tirée d'une négation est, chez nous, une affirmation — car l'exception est le contraire de ce dont on excepte ; c'est la doctrine des grammairiens de Baṣra. Abū Ḥanīfa a dit : ce n'est pas une affirmation, mais un objet de silence (maskūt ʿanhu)... La vérité est la doctrine du jumhūr : notre parole "lā ilāha illā Allāh" est une profession d'unicité et une affirmation de la divinité — si l'excepté de la négation n'était pas affirmé, "lā ilāha illā Allāh" ne serait pas un tawḥīd. »

Trois apports du commentaire

  • La riposte ḥanafite : le tawḥīd serait tiré des qarāʾin — l'état manifeste de tout locuteur de la formule montre qu'il vise l'unicité, non le néant (taʿṭīl). Zarkashī enregistre l'échappatoire sans s'y rallier.
  • Le sens inverse aussi disputé : on a prétendu (l'Imām al-Rāzī dans les Maʿālim) l'accord sur « l'exception d'une affirmation nie » ; en réalité — al-Ṣafī al-Hindī — le désaccord court dans les deux sens, et c'est pourquoi Subkī a placé « khilāfan li-Abī Ḥanīfa » après les deux membres : une finesse de rédaction du matn.
  • Le fondement logique du jumhūr : négation et affirmation sont des contradictoires sans tiers ; ôté de la négation, l'excepté tombe nécessairement dans l'affirmation. Et dans l'istithnāʾ mufarragh (« mā qāma illā Zayd »), l'affirmation s'impose de toute nécessité — sans elle, l'énoncé n'attribuerait le qiyām à personne.
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La mécanique — que signifie « dix sauf trois » ?

Le paradoxe fondateur
Zayd est-il entré dans « le peuple » avant d'en sortir ? Trois solutions : Ibn al-Ḥājib, la majorité, le Qāḍī.
Analyse Dalāla

Le paradoxe

« Jāʾa al-qawmu illā Zaydan » : si Zayd n'était pas dans « le peuple », comment l'en extraire — alors que les gens de la langue s'accordent que l'istithnāʾ est un ikhrāj ? Et s'il y était, l'énoncé l'affirme puis le nie : contradiction, et tout istithnāʾ serait un mensonge par l'un de ses deux bouts — impossible, le Qurʾān en est plein. De cette aporie naissent trois doctrines :

  • Ibn al-Ḥājib — choisi par Subkī (al-aṣaḥḥ) : « dix » est visé dans ses individus quant à l'évocation (tanāwulan), mais l'attribution (isnād) du jugement n'intervient qu'après l'extraction : dans la lettre, le prédicat est rapporté à dix ; dans le sens, à sept. L'extraction porte sur les unités évoquées, l'attribution sur le reste — les deux ijmāʿ (des grammairiens et de la logique) sont sauvés.
  • La majorité : « dix » est employé dans sept par majāz, et « illā » est la qarīna qui le révèle — l'istithnāʾ est alors un bayān de l'intention, comme les autres mukhaṣṣiṣāt.
  • Le Qāḍī Abū Bakr : « ʿashara illā thalātha » forme avec « sabʿa » une paire de noms du même sens — l'un simple, l'autre composé. Pas d'ikhrāj du tout.
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Le munqaṭiʿ et les exceptions multiples

L'âne dans la maison · les chaînes d'illā
L'exception hors du genre : majāz pour la plupart. Les exceptions en série : coordonnées → la base ; sinon chacune sur sa voisine.
Munqaṭiʿ Mutaʿaddida

L'istithnāʾ munqaṭiʿ

« Mā bi-l-dār aḥadun illā ḥimāran » — l'excepté n'est pas du genre de la base. Est-ce un istithnāʾ véritable ? Cinq positions : majāz (la plupart — aussi ne recourt-on au munqaṭiʿ qu'à défaut du muttaṣil), ḥaqīqa, tawāṭuʾ (un sens commun couvre joint et disjoint), ishtirāk lafẓī (deux mises distinctes du mot), et le waqf — ajout du matn sur le Mukhtaṣar. Ibn al-Ḥājib observe qu'aucune définition unique ne peut réunir muttaṣil (extraction) et munqaṭiʿ (non-extraction), sinon par la lettre : « ce qui est mentionné après illā et ses sœurs ».

Les exceptions multiples

  • Coordonnées (bi-l-ʿaṭf) : « dix sauf quatre et sauf trois et sauf deux » → toutes reviennent à la base première : l'aveu vaut un (10 − 4 − 3 − 2).
  • Non coordonnées, sans istighrāq : chacune porte sur celle qui la précède immédiatement : « dix sauf huit sauf sept » → 10 − (8 − 7) = neuf dus.
  • Non coordonnées, avec istighrāq : « dix sauf trois sauf quatre » — la seconde, englobante, retombe sur la base (selon le Maḥṣūl et le Minhāj) ; pour l'égale (« sauf trois sauf trois »), le Rāfiʿī y voit plutôt une confirmation (taʾkīd).
  • Fondement : l'exception d'exception est valide — ﴾إِنَّا أُرْسِلْنَا إِلَى قَوْمٍ مُجْرِمِينَ * إِلَّا آلَ لُوطٍ إِنَّا لَمُنَجُّوهُمْ أَجْمَعِينَ * إِلَّا امْرَأَتَهُ﴿.
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L'exception après plusieurs phrases — le verset du qadhf

Pour toutes ou pour la dernière ?
Shāfiʿites : retour à toutes les phrases coordonnées ; Abū Ḥanīfa : à la dernière ; al-Murtaḍā : mushtarak ; le Qāḍī et al-Ghazālī : waqf.
Jumal Qadhf

Le cas d'école

﴾وَالَّذِينَ يَرْمُونَ الْمُحْصَنَاتِ...﴿ : flagellez-les, ne recevez plus jamais leur témoignage, ce sont les pervers — ﴾إِلَّا الَّذِينَ تَابُوا﴿. À quoi revient l'exception ?

  • Chez nous (Shāfiʿī et ses compagnons) : à toutes les phrases, tant qu'aucun dalīl n'en désigne une partie — car les coordonnées partagent leurs dépendances (ḥāl, sharṭ) comme une phrase unique. La tawba restitue donc le témoignage du qādhif.
  • Abū Ḥanīfa — suivi par l'Imām al-Rāzī : à la dernière seulement : la première phrase s'est « stabilisée » avant l'exception. Le qādhif repenti reste récusé.
  • Nuances internes : Abū al-Ḥusayn conditionne le retour à toutes à l'unité de visée du discours ; Imām al-Ḥaramayn (rapporté par le Rāfiʿī au chapitre du waqf) exige un ʿaṭf par wāw et l'absence de longue coupure — mais le juste est que fāʾ, thumma et ḥattā valent la wāw (al-Ghazālī, le Qāḍī).
  • Al-Murtaḍā : ishtirāk — la formule est commune aux deux emplois ; le Qāḍī et al-Ghazālī : waqf — la langue ne tranche pas.
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À retenir

6 principes essentiels
L'armature de l'istithnāʾ — à fixer avant le sharṭ, la ṣifa et la ghāya.
  • L'istithnāʾ est l'ikhrāj par illā ou ses sœurs, d'un seul locuteur, joint au discours selon l'usage
  • Le mustaghraq est nul (« dix sauf dix ») — sauf s'il est suivi d'une exception qui le répare (« sauf dix sauf trois » → trois dus)
  • L'exception de la majorité est valide (« dix sauf neuf » → un dirham), quoique inélégante — contre Baṣra et les Ḥanbalites
  • De la négation, l'exception affirme — preuve : le tawḥīd de « lā ilāha illā Allāh » — et inversement, contre Abū Ḥanīfa
  • Exceptions multiples : coordonnées → la base ; sinon chacune sur sa voisine immédiate, sauf istighrāq
  • Après des phrases coordonnées : retour à toutes chez les Shāfiʿites (tawba du qādhif), à la dernière chez les Ḥanafites
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise.

Question

« Un homme avoue : "j'ai envers lui dix dirhams, sauf dix, sauf trois." Combien doit-il selon l'avis correct, et pourquoi le premier istithnāʾ — pourtant mustaghraq — ne rend-il pas le tout exigible ? Puis : qu'aurait conclu un Ḥanafite si la formule "lā ilāha illā Allāh" suivait sa doctrine de l'exception tirée de la négation ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
CONDITIONS
illā · 1 locuteur
ittiṣāl ʿādatan
2
LIMITES
istighrāq nul
akthar : valide
3
NAFY → ITHBĀT
lā ilāha illā Allāh
contre Abū Ḥanīfa
4
APRÈS JUMAL
verset du qadhf
kull / akhīra