بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Carte Qiyās N°8

حُكْمُ الْأَصْلِ وَشُرُوطُهُ

Ce que doit être le ḥukm de départ · Muttafaq ʿalayh, non dévié, non composé · Et les conditions-miroirs du ḥukm du farʿ

Le qiyās transporte un ḥukm ; encore faut-il que ce ḥukm de départ soit transportable. Cette carte rassemble les conditions du ḥukm al-aṣl et leurs miroirs côté farʿ. Côté aṣl : le ḥukm ne doit pas être maʿdūl bihi ʿan sanan al-qiyās (dévié du cours de l'analogie, comme les ʿarāyā exceptées du ribā) ; son dalīl ne doit pas couvrir déjà le farʿ (sinon, pourquoi l'un serait-il aṣl plutôt que l'autre ?) ; il doit être agréé — entre toute la umma ou, selon l'aṣaḥḥ, entre les deux adversaires — d'où la théorie du qiyās murakkab, le qiyās « composé », jugé irrecevable. Côté farʿ : son ḥukm doit recevoir la ʿilla en entier (d'où le qiyās al-adwan : la pomme sur le blé), correspondre au ḥukm de l'aṣl en essence ou en genre, ne pas être déjà établi par un naṣṣ — sauf pour « l'entraînement du regard » — et ne pas être antérieur au ḥukm de l'aṣl (le wuḍūʾ ne se prouve pas par le tayammum). Enfin, trois conditions exigées par certains sont rejetées : ni naṣṣ global préalable, ni absence de naṣṣ concordant, ni certitude du ḥukm de l'aṣl.

وَكَوْنُ الْحُكْمِ مُتَّفَقًا عَلَيْهِ، قِيلَ: بَيْنَ الْأُمَّةِ، وَالْأَصَحُّ بَيْنَ الْخَصْمَيْنِ، وَأَنَّهُ لَا يُشْتَرَطُ اخْتِلَافُ الْأُمَّةِ... وَلَا يَكُونُ مَنْصُوصًا بِمُوَافِقٍ خِلَافًا لِمُجَوِّزِ دَلِيلَيْنِ، وَلَا بِمُخَالِفٍ إِلَّا لِتَجْرِبَةِ النَّظَرِ، وَلَا مُتَقَدِّمًا عَلَى حُكْمِ الْأَصْلِ.

« [Parmi les conditions :] que le ḥukm soit agréé — on a dit : entre la umma, et l'avis le plus correct : entre les deux adversaires, sans qu'il soit requis que la umma soit en désaccord… Et [le ḥukm du farʿ] ne doit pas être établi par un texte concordant — contrairement à qui admet deux dalīls — ni par un texte discordant, sauf pour l'exercice du regard ; ni être antérieur au ḥukm de l'aṣl. »

Source : Jamʿ al-Jawāmiʿ — Tāj al-Dīn al-Subkī · Kitāb al-Qiyās (ḥukm al-aṣl wa-shurūṭuh) · Tashnīf al-Masāmiʿ pp. 296-299

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Pourquoi ces conditions

Deux logiques gouvernent cette série. Une logique démonstrative : le qiyās ne prouve que si son point d'appui est ferme — un ḥukm contesté par l'adversaire obligerait le qāʾis à le prouver d'abord, et la disputation glisserait « d'une masʾala à une autre » ; un ḥukm dévié du cours de l'analogie (exception, taʿabbud pur) n'a pas de maʿnā transportable. Une logique d'économie : si le dalīl de l'aṣl couvre déjà le farʿ, ou si le farʿ a déjà son naṣṣ, le qiyās est superflu — au mieux un exercice (tajribat al-naẓar), un entraînement de l'esprit. Al-Zarkashī précise chaque frontière : ce qui n'est pas « entré » dans la règle n'en est pas « sorti » ; deux dalīls peuvent converger sur un même ḥukm pour en augmenter la force ; et le qiyās demeure, face au naṣṣ contraire, structurellement second.

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Vocabulaire essentiel

سَنَنُ الْقِيَاسِ sanan al-qiyās
Le « cours » de l'analogie. Ce qui en est dévié (maʿdūl bihi) — institution sans maʿnā saisissable ou exception au maʿnā — ne sert pas d'aṣl.
عَرَايَا ʿarāyā
Vente de dattes fraîches sur l'arbre contre dattes sèches, exceptée du ribā pour le besoin des pauvres : exemple type de l'exception non extensible.
قِيَاسٌ مُرَكَّب qiyās murakkab
Qiyās « composé » : le ḥukm n'est agréé qu'entre les deux adversaires, sur des bases divergentes — murakkab al-aṣl ou murakkab al-waṣf.
قِيَاسُ الْأَدْوَن qiyās al-adwan
Qiyās « moindre » : la ʿilla est ẓanniyya et le farʿ ne porte pas tous les awṣāf candidats — la pomme rattachée au blé par le ṭuʿm.
تَجْرِبَةُ النَّظَرِ tajribat al-naẓar
« Exercice du regard » : seul usage légitime d'un qiyās dont le farʿ a déjà un naṣṣ contraire — entraînement, non preuve.
مُعَارَضَة muʿāraḍa
Opposition d'un waṣf adverse. Dans le farʿ, elle n'est recevable que si elle exige le naqīḍ ou le ḍidd du ḥukm visé — non un simple khilāf compatible.
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Non dévié du cours du qiyās — et un dalīl qui ne couvre pas le farʿ

Deux conditions structurelles
Le maʿdūl bihi ʿan sanan al-qiyās (ce qui est institué sans maʿnā, ou excepté du maʿnā : les ʿarāyā) ne sert pas d'aṣl ; et si le dalīl de l'aṣl couvre le farʿ, la hiérarchie aṣl/farʿ devient arbitraire.
Sanan al-qiyās ʿArāyā

Le maʿdūl bihi : deux espèces — et une seule au sens propre

On ne fait pas de qiyās sur un ḥukm « dévié du cours de l'analogie », car la taʿdiya (le transport du maʿnā) y est impraticable. Zarkashī précise la définition : le maʿdūl bihi est ce qui est sorti du maʿnā, non le maʿnā lui-même. D'où deux cas :

  • Ce qui fut institué d'emblée sans maʿnā saisissable : à strictement parler, il n'est pas « sorti » de la règle — « il n'y est jamais entré pour qu'on dise qu'il en est sorti »
  • Ce qui fut excepté d'un maʿnā intelligible : les ʿarāyā, exceptées des ribawiyyāt pour le besoin des pauvres — al-Ghazālī nomme les deux « maʿdūl ʿan sanan al-qiyās », par une extension que Zarkashī juge approximative (tajawwuz)
  • Sixième condition : le dalīl du ḥukm de l'aṣl ne doit pas couvrir le ḥukm du farʿ — sinon, faire de l'un l'aṣl et de l'autre le farʿ n'est pas plus fondé que l'inverse
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Sharḥ al-Zarkashī — Tashnīf al-Masāmiʿ

Texte clé du commentaire
Sur le farʿ déjà textuel : la distinction des deux ṣūra d'al-Hindī, et la fameuse « tajribat al-naẓar » — le qiyās comme gymnastique de l'esprit.
Sharḥ al-Hindī

Le passage du Tashnīf — naṣṣ contraire et entraînement du regard

وَلِهَذَا نَقُولُ: إِذَا تَعَارَضَ النَّصُّ وَالْقِيَاسُ فَالنَّصُّ مُقَدَّمٌ، وَإِنَّمَا يَتَعَارَضَانِ عِنْدَ صِحَّتِهِمَا، وَفَائِدَتُهُ حِينَئِذٍ التَّمْرِينُ وَرِيَاضَةُ الذِّهْنِ فِي الْمَسَائِلِ لَا غَيْرُ.

Traduction : « C'est pourquoi nous disons : lorsque le naṣṣ et le qiyās s'opposent, le naṣṣ est préféré — or ils ne s'opposent que s'ils sont tous deux valides [en eux-mêmes]. L'utilité du qiyās est alors l'entraînement et la gymnastique de l'esprit dans les masāʾil — rien d'autre. »

Trois apports majeurs du commentaire

  • Les deux ṣūra du naṣṣ concordant (taḥqīq d'al-Hindī, suivi par Subkī) : (a) le naṣṣ qui établit le ḥukm du farʿ est le même que celui de l'aṣl — alors le qiyās est nul : aucune raison de distribuer les rôles d'aṣl et de farʿ, et nul gain de ẓann, « car le farʿ n'est pas conforté par son propre aṣl » ; (b) c'est un autre naṣṣ — et les Akthariyyūn admettent alors le qiyās : « la convergence des dalīls sur un même objet est licite, pour accroître le ẓann ». C'est le sens du matn : « khilāfan li-mujawwiz dalīlayn »
  • La lecture de l'épisode de Muʿādh : ceux qui interdisent absolument le qiyās sur le manṣūṣ invoquent le ḥadīth de Muʿādh (le qiyās ne vient qu'« à défaut » du Livre et de la Sunna) — l'ordre des sources y est un ordre de recours, que la ṣūra (b) ne viole pas puisque le qiyās n'y fonde rien seul
  • Le naṣṣ discordant : le qiyās dont le farʿ contredit un texte est privé d'effet — sinon on préférerait le qiyās au naṣṣ ; mais il peut être ṣaḥīḥ en lui-même : sa seule utilité est alors le tamrīn, l'exercice — d'où la formule du matn : « illā li-tajribat al-naẓar »
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Un ḥukm agréé — entre la umma ou entre les adversaires ?

La condition d'ittifāq
Trois avis : accord de toute la umma ; accord des deux khaṣm (l'aṣaḥḥ) ; accord des khaṣm avec désaccord de la umma (al-Āmidī) — et la voie de secours si l'accord manque.
Ittifāq al-Āmidī

Pourquoi l'accord est requis — et entre qui

Si le ḥukm de l'aṣl peut être nié par l'adversaire, le qāʾis devra l'établir d'abord — et la disputation deviendra un déplacement « d'une masʾala à une autre ». D'où la condition, puis le débat sur son périmètre :

  • (1) Accord de toute la umma — exigence maximale
  • (2) Accord des deux adversaires suffit — l'aṣaḥḥ : la disputation n'a besoin que d'un sol commun aux deux disputants
  • (3) Accord des khaṣmayn + désaccord de la umma — avis d'al-Āmidī : si le ḥukm était mujmaʿ ʿalayh, l'adversaire ne pourrait de toute façon pas le nier… mais le ṣaḥīḥ admet sans difficulté que l'aṣl soit objet d'ijmāʿ
  • Si l'adversaire concède la ʿilla : qu'il admette qu'elle est bien la ʿilla, ou qu'elle existe dans l'aṣl ou le farʿ — « intahaḍa al-dalīl » : la preuve se dresse contre lui, par son propre aveu, comme le mujtahid ne résiste pas à son propre ẓann
  • Si l'accord manque entièrement : le mustadill peut-il établir d'abord le ḥukm de l'aṣl par un naṣṣ, puis la ʿilla ? Refus de certains (pour préserver la disputation de l'éparpillement) — mais l'aṣaḥḥ l'admet : sinon on ne recevrait, en munāẓara, aucune prémisse susceptible de manʿ
  • Pas davantage requis : ni ijmāʿ sur le caractère motivé (muʿallal) du ḥukm de l'aṣl, ni naṣṣ désignant sa ʿilla — contre Bishr al-Marīsī, dont la thèse est nulle « car les dalīls du qiyās sont absolus »
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Le qiyās murakkab — composé d'aṣl ou de waṣf

Deux figures, mêmes impasses
Accord des seuls adversaires sur le ḥukm, mais pour deux ʿilal différentes (murakkab al-aṣl : les bijoux de la fillette) ou avec ʿilla niée dans l'aṣl (murakkab al-waṣf : « Zaynab que j'épouserai »). Irrecevables — sauf chez les khilāfiyyūn.
Murakkab 2 figures

Les deux figures

  • Murakkab al-aṣl : le ḥukm est agréé entre les adversaires, mais chacun le suspend à une ʿilla différente. Exemple : nul ne doit la zakāt sur les bijoux de la fillette impubère — pour les Shāfiʿites, parce que ce sont des bijoux [d'usage licite] ; pour les Ḥanafites, parce que c'est un bien d'impubère. Le qiyās bâti sur cet « accord » (les bijoux de la femme adulte sur ceux de la fillette) s'effondre : l'adversaire niera ou la ʿilla dans le farʿ, ou le ḥukm dans l'aṣl
  • Murakkab al-waṣf : l'adversaire concède la ʿilla en règle générale mais nie son existence dans l'aṣl. Exemple : « suspendre le ṭalāq avant le nikāḥ est un taʿlīq, donc invalide — comme “Zaynab, que j'épouserai, est répudiée” » ; le Ḥanafite répond : dans votre aṣl, ce n'est pas un taʿlīq mais un tanjīz (prononcé immédiat) — la ʿilla manque dans l'aṣl même
  • Verdict : les deux espèces sont irrecevables chez les uṣūliyyūn — dans les deux cas, l'adversaire a toujours une porte de sortie (nier la ʿilla dans le farʿ ou le ḥukm dans l'aṣl), donc le qiyās « ne s'achève jamais ». Leur réception est le fait des khilāfiyyūn (les dialecticiens de la controverse), comme le rapporte al-Hindī
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Côté farʿ : la ʿilla entière, le qiyās al-adwan, l'égalité des ḥukms

Le miroir du farʿ
Le farʿ doit porter la ʿilla en entier (qaṭʿiyya → qiyās qaṭʿī ; ẓanniyya → qiyās al-adwan : la pomme sur le blé) ; et son ḥukm doit égaler celui de l'aṣl en essence ou en genre.
Farʿ Adwan

La ʿilla en entier — et la hiérarchie des qiyās

  • Le principe : le farʿ doit réunir la ʿilla complète (tamām al-ʿilla). Subkī préfère cette formule à la « musāwāt » (égalité) d'Ibn al-Ḥājib : « égalité » laisserait croire qu'un surplus nuit — ce qui exclurait à tort le qiyās al-awlā ; or le surplus ne contredit pas la présence entière du maʿnā
  • ʿIlla qaṭʿiyya → qiyās qaṭʿī : l'iskār dans le khamr est certain ; le farʿ qui le porte donne un qiyās de pleine égalité
  • ʿIlla ẓanniyya → qiyās al-adwan : le ṭuʿm dans le blé n'est que présumé (le kayl et le qūt restent candidats) ; rattacher la pomme au blé par le ṭuʿm donne un qiyās « moindre » — non que le maʿnā y soit plus faible, mais parce que le farʿ ne porte pas les autres awṣāf candidats : l'ilḥāq ne tient que sous l'hypothèse que la ʿilla est bien le ṭuʿm
  • L'égalité des ḥukms — ʿayn ou jins : en essence : le qiṣāṣ pour le meurtre à l'arme contondante sur celui du meurtre au tranchant (même ḥukm : le qatl) ; en genre : la wilāya de nikāḥ sur la ṣaghīra rattachée à la wilāya sur ses biens (deux tutelles de même genre). Si le ḥukm du farʿ diffère, le qiyās est corrompu — exemple du ẓihār du dhimmī : la ḥurma visée serait perpétuelle (il n'est pas « apte à la kaffāra »), quand celle de l'aṣl s'éteint par la kaffāra ; réponse du mustadill : établir l'ittiḥād en niant cette inaptitude

La muʿāraḍa dans le farʿ : naqīḍ et ḍidd, non khilāf

  • Recevable : l'objection par un waṣf du farʿ exigeant le naqīḍ (la non-interdiction contre l'interdiction) ou le ḍidd (le witr « obligatoire » par qiyās sur le tashahhud vs « recommandé » par qiyās sur le fajr) — elle ruine le but du mustadill
  • Irrecevable : l'objection par un simple khilāf compatible — la ḥurma du serment menteur (yamīn ghamūs) et le taʿzīr peuvent coexister : « les deux se réunissent sans contradiction », l'objection ne détruit rien
  • Apport de Subkī : Ibn al-Ḥājib n'avait mentionné que le naqīḍ ; Subkī y adjoint le ḍidd, « car il n'y a pas de différence » — et le mustadill peut répondre par le tarjīḥ de son waṣf (le mukhtār), sans qu'il doive l'avoir signalé dans l'énoncé même de son dalīl
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Ni antérieur au ḥukm de l'aṣl, ni soumis à trois fausses conditions

Chronologie et conditions rejetées
Le wuḍūʾ ne se prouve pas par qiyās sur le tayammum (antériorité) — sauf le tafṣīl d'al-Rāzī ; et l'on ne requiert ni naṣṣ global, ni certitude du ḥukm de l'aṣl, ni conformité au madhhab du Ṣaḥābī.
Chronologie al-Rāzī

L'antériorité du ḥukm du farʿ

Exemple canonique : prouver l'obligation de la niyya dans le wuḍūʾ par qiyās sur le tayammum — or le tayammum ne fut prescrit qu'après la Hijra, le wuḍūʾ avant : le ḥukm du farʿ serait établi avant que n'existe la ʿilla, puisque l'aṣl est postérieur.

  • Le tafṣīl d'Abū al-Ḥusayn (al-Muʿtamad), suivi par al-Rāzī : si rien d'autre que ce qiyās ne prouve le ḥukm du farʿ, il est invalide ; mais si un dalīl antérieur l'établit déjà, le qiyās reste valide — Allah peut nous guider vers un même ḥukm « par des dalīls successifs », comme les miracles continuent d'advenir après le miracle inaugural
  • L'objection de Zarkashī : le problème est la dérivation (tafarruʿ) d'un aṣl postérieur — et elle demeure impossible, qu'un autre dalīl existe ou non
  • Ibn al-Ṣabbāgh (al-ʿUdda) : admet au contraire que les amārāt d'un ḥukm puissent être antérieures et postérieures — le dalīl peut suivre ce qu'il prouve : on argue de la nubuwwa par des sourates médinoises

Trois conditions rejetées

  • Le naṣṣ « global » d'Abū Hāshim : point n'est besoin qu'un texte ait établi le ḥukm du farʿ « en gros » pour que le qiyās le détaille — les savants ont bien rattaché « tu m'es ḥarām » tantôt au ṭalāq, tantôt au ẓihār, tantôt au yamīn, sans aucun naṣṣ ni global ni détaillé sur le farʿ
  • La certitude du ḥukm de l'aṣl : non requise — on fait qiyās sur ce qu'établit un dalīl ẓannī : khabar wāḥid, barāʾa aṣliyya, ʿumūm, mafhūm
  • La conformité au madhhab du Ṣaḥābī : non requise — le madhhab du Ṣaḥābī n'est pas ḥujja [selon ce choix], et le fût-il, sa primauté sur le qiyās resterait indémontrée
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À retenir

6 principes essentiels
Le ḥukm de l'aṣl et son miroir côté farʿ — l'ossature à mémoriser.
  • Pas de qiyās sur le maʿdūl ʿan sanan al-qiyās : l'institué sans maʿnā et l'excepté du maʿnā (ʿarāyā)
  • Le ḥukm de l'aṣl doit être agréé — l'aṣaḥḥ : entre les deux adversaires ; l'ijmāʿ de la umma ne nuit pas (contre al-Āmidī) ; à défaut, l'aṣaḥḥ admet d'établir d'abord le ḥukm par naṣṣ puis la ʿilla
  • Le qiyās murakkab (al-aṣl / al-waṣf) est irrecevable — sauf chez les khilāfiyyūn
  • Le farʿ porte la ʿilla entière : qaṭʿiyya → qiyās qaṭʿī ; ẓanniyya → qiyās al-adwan (la pomme sur le blé) ; et son ḥukm égale celui de l'aṣl en ʿayn ou jins
  • Le ḥukm du farʿ n'est ni manṣūṣ (le naṣṣ concordant distinct fait exception : deux dalīls cumulables ; le discordant ne laisse que la tajribat al-naẓar) ni antérieur au ḥukm de l'aṣl (wuḍūʾ/tayammum — tafṣīl d'al-Rāzī)
  • Ne sont pas requis : naṣṣ global (Abū Hāshim), certitude du ḥukm de l'aṣl, conformité au madhhab du Ṣaḥābī
?

Question de révision

Tester sa compréhension
Une question simple pour vérifier la maîtrise de la masʾala.

Question

« Dans le qiyās murakkab al-aṣl (les bijoux de la femme adulte rattachés à ceux de la fillette), montrez précisément pourquoi “l'accord des deux adversaires sur le ḥukm de l'aṣl” ne suffit pas à faire aboutir le qiyās : quelles sont les deux échappatoires dont dispose toujours l'adversaire, et en quoi diffèrent-elles dans le murakkab al-waṣf (le taʿlīq du ṭalāq avant le nikāḥ) ? »

🧠 Grille mnémotechnique

1
AṢL
non dévié + agréé
ʿarāyā · khaṣmayn (aṣaḥḥ)
2
MURAKKAB
aṣl / waṣf
irrecevable (2 sorties)
3
FARʿ
tamām al-ʿilla
adwan : tuffāḥ sur burr
4
NI MANṢŪṢ
ni antérieur
sinon : tajribat al-naẓar